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Nocturama: l’ignorance des agneaux

Si on passait d’un sexe à l’autre dans Tiresia, d’un père à un fils dans Le pornographe, avec Nocturama, la figure du passage ressemble plus à une mise à mort de l’espérance, une sorte de régression intellectuelle qui conduirait cette génération infantile à sa perte. C’est riche, complexe et dérangeant…pour notre plus grand plaisir.

Mademoiselle [The handmaiden]

Mademoiselle est un thriller érotique haletant. C’est surtout un film sur le désespoir d’une héroïne aux prises avec un passé douloureux. Par l’entremise d’une réalisation inventive au rythme soutenu, Park Chan-wook fait de sa Mademoiselle un film singulier, en accord avec  le classicisme de l’époque dépeinte, et qui néanmoins rassemble ses thèmes de prédilection : la vengeance, le sadisme et la justice.

Moi, Nojoom, 10 ans, divorcée…et vendue!

Les flashbacks insistants et les effets de montage alternant percussions et violences conjugales lors de la nuit de noce sont autant d’éléments qui amoindrissent le sujet et le rendent  plus mielleux. Lesté d’un vocabulaire cinématographique appauvri, le film mise alors tout sur son récit terriblement attachant et ses acteurs, pour la plupart non professionnels, conférant à l’œuvre une crédibilité indéniable.

A decent woman: balayer devant sa porte.

Entre humour grinçant et critique acerbe du monde moderne, le cinéaste ne ménage pas le spectateur. A tort, il privilégie, un rythme lent dans le but de mettre en relief les travers d’une société occidentale à la dérive. Ainsi, le récit apathique et décousu annihile toute intensité dramatique qui n’apparaît qu’à de rares moments. Les ruptures de ton qu’insuffle le réalisateur à son propos sont alors autant de moments drôles et caustiques que de malaises qui raidissent le spectateur au fond de son siège.

L’effet aquatique: vivre dans sa bulle et en sortir

C’est un au revoir tendre et sincère que nous livre Solveig Anspach. À 54 ans, celle qui se battait contre le cancer et gagnait la partie dans Haut les cœurs, son premier film autobiographique, a finalement raccroché les gants après plusieurs combats. Malgré la maladie, sa plus belle victoire aura surement été d’accoucher de projets cinématographiques à son image, empreint d’une fantaisie et d’une douceur de vivre communicative. Dorénavant, il faudra parler d’elle au passé, tourner la dernière page d’un livre que l’on ne souhaite pas refermer. Solveig Anspach nous quitte sur une note joyeuse, laissant derrière elle un cinéma atypique et haut en couleur, qui continuera encore longtemps de faire rêver l’enfant qui sommeille en chacun de nous.

Loveless: un dernier tango en russie

Il est de ces réalisateurs qui n’ont de cesse d’intriguer et de surprendre à chaque nouvelle offrande. Si le climat oppressant et délétère de Loveless peut en rebuter certains, le film n’en demeure pas moins captivant et intriguant. Le voyage intérieur que nous propose Andrey Zvyaguintsev, riche d’enseignements, est à la hauteur de son talent d’une abrupte sincérité qui s’est à juste titre mérité le Prix du Jury au dernier Festival de Cannes.

Death in Sarajevo: la mort aux trousses

Dans ce film choral, tous les personnages ont un rôle important à jouer : des stripteaseuses aux femmes de ménage, en passant par les agents de sécurité jusqu’à la journaliste sur le toit. Tout ce beau monde cohabite dans un huis clos étouffant où Lamija sert de passerelle, à la fois humaine et hiérarchique, entre les différents étages de la bâtisse. Se dessinent alors des différences sociales entre les protagonistes que le réalisateur questionne au moyen d’une caméra intrusive en perpétuel mouvement qui ne laisse aucun répit au spectateur. Rappelant la folie circulaire sans fin de L’enfer, un précédent film, Danis Tanovic utilise une fois de plus la technique pour aliéner ses personnages déjà aux prises avec leurs tourments intérieurs.