Catégorie : Festival du Nouveau Cinéma

Festival du Nouveau Cinéma (Montréal, Québec, Canada)

Il est dommage que l’œuvre de Trier pèche par son manque de substance n’utilisant son potentiel qu’à des fins pernicieuses. La religion apparaît souvent comme un ressort dramatique factice pour générer du stress chez Thelma, tout comme ses pulsions sexuelles qui l’exhortent à lutter contre des sentiments contradictoires. Si la grotesquerie et l’absurdité du twist final déroute et détruit tout le travail du cinéaste à s’éloigner du film d’adolescent classique, Thelma est une œuvre mineure dans sa jeune filmographie malgré tout prometteuse.

Dès les premières minutes du film, le réalisateur ne joue pas sur l’attachement du spectateur au personnage principal, balayant tout effet de suspense inopportun. Présageant une fatalité inexorable, la caméra en plongée suit deux hommes fauchant des herbes jusqu’à la découverte de la dépouille de Gabriel. Il est là, inerte, le corps lové sous une roche, dans un linceul bucolique que la nature vient rendre apaisant. Pendant un instant, Gabriel ne court plus après le temps. C’est dans ce seul plan emprunt de poésie que se dessine sous nos yeux toute l’affection du metteur en scène pour son ami.

Mademoiselle est un thriller érotique haletant. C’est surtout un film sur le désespoir d’une héroïne aux prises avec un passé douloureux. Par l’entremise d’une réalisation inventive au rythme soutenu, Park Chan-wook fait de sa Mademoiselle un film singulier, en accord avec  le classicisme de l’époque dépeinte, et qui néanmoins rassemble ses thèmes de prédilection : la vengeance, le sadisme et la justice.

27 octobre 2016 / / Archives

Le prix du public de cette 45e édition du FNC qui vient de se terminer a été remis au film Prank, premier long-métrage du réalisateur Vincent Biron. Réalisé sans financement et sans prétention, le film a réussi à se frayer un chemin jusqu’à la Mostra de Venise et au festival du film de Toronto. Œuvre complètement déjantée, Prank est un bel exemple de la folie d’une certaine jeunesse québécoise ♥♥♥½

Repoussant les limites du spectateur en titillant sa libido, Rodrigues transforme son œuvre en une expérience cinématographique sensorielle où plane le spectre de Pasolini dans la manière d’érotiser le corps de son héros. Il fait de ce dernier un être aux comportements sexuels paraphiliques en agrémentant son récit de scènes bondage et d’ondinisme.

21 octobre 2016 / / Archives

Les relations extra-conjugales semblent être un sujet populaire dans le cinéma québécois ces dernières années. Après Horloge biologique, Les 3 p’tits cochons et Le mirage, c’est au tour du film La chasse au collet de Steve Kerr d’aborder ce sujet chaud, cette fois-ci en explorant les dimensions de l’internet et de la business. Malgré cette nouvelle approche, le film de Kerr reste une œuvre mineure dans la filmographie québécoise.♥♥1/2

19 octobre 2016 / / Archives

L’humour absurde est au cœur du premier long-métrage de Jean-Christophe Meurisse : Apnée, c’est l’arrivée au grand écran des Chiens de Navarre, une troupe de théâtre française, dirigé par Meurisse, qui fait avec un grand succès la tournée des théâtres français depuis 2005. Dans ce film, on retrouve trois des membres de la troupe qui forment, aussi insensé  que cela puisse paraître, un trio de fiancés qui cherche à se marier, se trouver un emploi et vivre une vie normale malgré leur situation plutôt… anormale.♥♥

Les flashbacks insistants et les effets de montage alternant percussions et violences conjugales lors de la nuit de noce sont autant d’éléments qui amoindrissent le sujet et le rendent  plus mielleux. Lesté d’un vocabulaire cinématographique appauvri, le film mise alors tout sur son récit terriblement attachant et ses acteurs, pour la plupart non professionnels, conférant à l’œuvre une crédibilité indéniable.