Topside : Le choc de la lumière

États-Unis, 2020
Note : ★★★★

L’univers du cinéma des frères Safdie et celui des films de Kore-eda se rencontrent dans Topside, le premier long-métrage du couple de cinéastes new yorkais Céline Held et Logan George, qui met en scène les oubliés du système de manière très dure mais sur un fond de douceur.

Les films Room de Lenny Abrahamson, The Florida Project de Sean Baker, Beasts of the Southern Wild de Benh Zeitlin, Never Rarely Sometimes Always de Eliza Hitman viennent aussi en tête à titre de références pour leur rapport à l’enfance et à l’inconnu auquel elle est confrontée. Bref, c’est une panoplie de films de qualité auxquels le film de Held et George se compare avantageusement. Impressionnant effort.

L’histoire de Topside débute sous la terre, dans une commune de sans-abris vivant sous le métro de New York. On y suit Little, une petite fille de cinq ans, qui n’a jamais vu la lumière du soleil. Sa mère lui dit que lorsque ses ailes pousseront, toutes deux pourront enfin sortir voir le monde. Or, lorsque la police new yorkaise débarque pour intervenir dans la commune, Little et sa mère Nikki se sauvent et montent à la surface. Commence une éprouvante odyssée dans les rues et le métro de New-York pour les deux héroïnes…

Caméra à l’épaule hyper nerveuse, montage sonore et visuel angoissant et infernal, le film plonge en totale immersion le spectateur dans l’univers urbain, sombre et sale du New-York des marginaux et des laissés-pour-compte. L’iconique métro de la Grosse Pomme est investi avec brio. Et comme le font les nouveaux maîtres du cinéma new-yorkais, les frères Safdie, Celine Held et Logan George maintiennent tout au long de cette immersion un rythme haletant, une tension quasi insoutenable.

Pas facile d’être ainsi exposé au milieu dépeint, fruit d’un travail de recherche exhaustif de la part des cinéastes. Détresse, manque de soutien et de ressources, sentiment d’exaspération et de menace constante, la vie n’est pas rose dans Topside.

Mais l’expérience n’est pas qu’éprouvante. Compassion, délicatesse et humanisme sont aussi au menu. D’autres caractéristiques du cinéma du maître japonais Hirokazu Kore-eda entrent ainsi dans le portrait. Comme dans son chef d’œuvre de 2002 Nobody knows, c’est le point de vue de l’enfant qui est privilégié pour presque l’entièreté du film. Une lumière en émane. D’autant plus que comme Kore-eda, Held et George savent diriger les enfants. La performance de la jeune Zhaila Farmer, dans le rôle de Little, le cœur du film, bluffe par son naturel.

Au cruel manque de ressources s’oppose l’amour inconditionnel qui unit un enfant et sa mère. C’est finalement à cet égard que Topside propose sa réflexion la plus déchirante. Bouleversante, la finale fait autant réfléchir qu’elle brise le cœur.

Durée: 1h30

Ce film a été visionné dans le cadre du Festival du nouveau cinéma 2020

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