Vie à la ferme difficile et éprouvante pour une femme (Pascale Bussières) et son mari (Luc Picard).
L’argent vient à manquer, la température atteint des sommets
L’humeur est bien morose lorsque survient un drame faisant dans le même temps remonter de vilaines douleurs enfouies du passé.♥♥½ Il se cache derrière Marécages un mystère plutôt délicat. Outre l’histoire (mélodramatique), la réalisation de Guy Edoin laisse parfois perplexe. A l’heure de la surenchère des effets de style, Marécages se pose là en antihéros de Café de Flore ou autre Artist …la lumière, les dialogues, les cadrages, la musique…tout est réduit au minimum de fioriture…comme pour laisser la plus grande part à l’histoire mais sans doute également au décor…le paysage, personnage important de cette tragédie familiale agricole….Ce qui est plutôt étonnant lorsqu’on connait le premier court de Guy Edoin: Le Pont.
Ici Marécage parait vraiment le successeur de son troisième court multi-primé, La battue, sorte de perdition dans le milieu naturel d’un silence aidant au malaise.
Bien entendu le mutisme du film est un choix de mise en scène du jeune réalisateur pour mettre en exergue son histoire…. Si les non-dits peuvent souvent s’avérer intelligemment intégrés au déroulement de certaines histoires… ils paraissent toutefois trop importants pour éclairer correctement le spectateur.
Dans cette famille, on ne se parle que très peu….on s’observe, on juge et l’on s’en veut….
Fidèle à ses court métrage, Guy Edoin préfère la suggestion visuelle aux explications…avec toujours cette passion qui semble l’animer pour la nature.
C’est bien dommage car si le film réussit à émouvoir et attrister….il ne permet pas de basculer complètement dans l’empathie. Les comédiens sont admirables (Pascale Bussière en tête) …mais trop d’histoires et de fausses pistes se multiplient. Les réminiscences du passé semblent finalement bien loin…la découverte de l’homosexualité du fils n’apportant en somme pas grand-chose à l’histoire et c’est donc finalement sur l’héroïne principale que le spectateur se concentre.
Pour un premier long, c’est plutôt réussi mais malgré une identité évidente, c’est assez loin de ce qu’on aimerait revoir sur grand-écran


[…] plusieurs portraits de cin√©astes de la rel√®ve sont √† venir avec pour commencer Guy Edoin (Mar√©cages) et Anne Emond (Nuit […]