Denis Villeneuve

En compétition officielle au 68e Festival de Cannes, le nouveau long métrage du cinéaste Denis Villeneuve est très attendu et même classé parmi les favoris selon plusieurs critiques. Mettant en vedette Emily Blunt (Edge of Tomorrow), Josh Brolin (No Country for Old Men) et Benecio del Toro (Escobar: Paradise Lost), Sicario raconte l’histoire d’une jeune agente du FBI qui joint la CIA pour une opération de démantèlement d’un cartel de drogue mexicain. Cet engagement la confrontera aux limites de ses positions éthiques et morales.

Cinéaste québécois, Denis Villeneuve présente à Cannes son troisième film tourné aux États-Unis. En 2014, son film Prisoners était en nomination aux Oscars, ce qui lui a permis une énorme visibilité autant américaine qu’internationale. Comme pour Sicario, le réalisateur explorait avec Prisoners des thématiques telles que les limites, celles de la morale et de la justice personnelle. Ce père de famille, physiquement et agressivement interprété par Hugh Jackman, ébranlé par la disparition de sa fillette, se transforme lentement en l’agresseur qu’il recherche, usant de force et d’animalité lors de ces trop nombreuses séances de torture.  Mettant aussi en vedette un Jake Gyllenhaal en policier aux allures «cool» mais à l’engagement tenace, ce film propose un très sombre questionnement sur les limites de notre position morale versus l’instinct animal. Écho direct au film Les 7 jours du Talion de Podz où l’on observe un père de famille qui torture pendant sept jours le violeur et meurtrier de sa jeune fille, on en vient à penser que ces thématiques s’engouffrent peut-être dans parmi les angoisses collectives québécoises.

La même année, encore avec Jake Gyllenhaal qui incarnait le socio/psychopathes Louis Bloom dans le très pertinent et sombre Nightcrawler de Dan Gilroy, Denis Villeneuve nous présente le mystérieux Enemy. Adaptation cinématographique de la nouvelle de José Saramago (L’Autre comme moi), Denis Villeneuve récidive avec un récit sombre et troublant dans lequel le personnage d’Adam s’asfixie dans ce labyrinthe de doubles et d’angoisses. Le réalisateur confirme encore une fois qu’il sait mettre en scène le suspense.

Villeneuve_Blunt

Mais c’est trois ans plutôt, avec Incendies en 2013, que Denis Villeneuve acquiert une réputation de grand cinéaste. Adaptation de la pièce éponyme du canado/libanais Wajdi Mouawad, Incendies raconte l’histoire de Simon et Jeanne, frère et sœur, qui, à la mort de leur mère, apprennent que le père qu’ils n’ont jamais connu est encore en vie. Jeanne décide donc de partir à la recherche de son passé, en allant à la rencontre de son père au Moyen-Orient. La finesse de l’adaptation et la poésie des images font de ce film une œuvre magnifique. C’est avec ce film que Denis Villeneuve installe un style qui lui est propre. Chacun des plans est réfléchie et nécessaire. Le style est sombre et l’émotivité est forte.

Pour ma part, c’est le brillant et captivant Maelström de 2000 qui m’avait fait remarquer ce cinéaste. N’oublions pas le Polytechnique de 2009, dur mais nécessaire film sur les massacres commis à Montréal en 1989 où un jeune misogyne avait tué plusieurs femmes étudiantes. Finalement, le court métrage Next Floor de 2008 qui s’était fait remarquer dans plusieurs festivals pour son esthétique extraordinairement sombre ainsi que pour son propos, social et incisif.

Nous lui souhaitons la meilleure des chances au 68e Festival de Cannes qui a débuté le 13 mai.

Retrouvez la conférence de presse de Denis Villeneuve suite à nomination de Sicario

Auteur: Simon Plante

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