C’est avec la projection du formidable Allez, Eddy! de Gert Embrechts que la présente édition du Festival International du Film pour Enfants de Montréal a pris officiellement fin (officieusement il reste encore une journée de projection). L’heure est au bilan et au Palmarès.
Ma dernière journée au festival à commencer avec la projection de l’un des films les plus courus du Fifem, L’ours Montagne (♣). Il faut dire que les organisateurs avaient mis le paquet pour que ce film soit un succès, la bande annonce à circuler abondamment en introduction des autres représentations. C’est une vrai déception, l’animation est froide et non-fluide et l’histoire est ennuyeuse… rien ne colle.
Allez, Eddy (♥♥♥½) rattrapa la mise coté projection aujourd’hui. Fable nostalgique avec un esthétique qui rappelle celle du Petit Nicolas (Laurent Tiar, 2009). En belgique, le cyclisme c’est comme le hockey au Québec, les magasins ferment leurs portent lors des épreuves importantes du tour de France ou du tour de Flandres. Freddy fan de Eddy Merckx, pratique son sport favori suspendu au plafond de sa chambre, il ne fait jamais du vélo à l’extérieur puisqu’il a un problème d’incontinence chronique. Lorsqu’un supermarché ouvre ses portes dans son village, la famille d’Eddy, des boucher de pères en fils, voit leur existence perturbé et Eddy, cachette de ses parents, participera à une course organisé par le magasin. Sous cette chronique familiale mélancolique se cache un film pertinent et actuelle abordant la question du harcèlement, de la mondialisation et d’acceptation.
Coté palmarès, il y avait trois jurys distinctifs: le jury Inis, le jury Jeune et le jury International.
Le jury Inis a remis son prix au documentaire Sur le Chemin de l’Ecole de Pascal Plisson. Un film vide et prétentieux, à savoir se que le jury à pu y voir d’intéressant.
Le jury Jeune a remis le prix Place aux familles à Sur les traces de Superman (Bekas) de l’iranien Karzan Kader et a remis son prix Coup de Coeur à Les durs à Cuir de Christian Lo. Deuxième fois en deux films que Christian Lo se retrouve au palmarès du FIFEM, Rafiki, son premier long métrage, avait remporté le prix Place aux familles en 2010.
Le Jury International a remis son prix Coup de Cœur à ce qui est de loin pour moi le meilleur film présenté cette année Maman je t’aime du lituanien Janis Nords. Et c’est sans surprise qu’il a remis le Grand Prix du Festival à Sur les traces Superman (Bekas), film qui fit événement lors du festival.
Pour ce qui est du prix du public, il sera remis dimanche en soirée.
En cette première édition où j’ai la chance de couvrir un festival de films pour enfants, je dois avouer que je suis agréablement surpris de la qualité des films qui nous été présenté. J’ai, durant la semaine, vu près de 25 films et si on enlève les quelques ratés (Whisper, L’ours Montagne, Le Coq de St-Vicor et Sur le chemin de l’école.) tous ont un quelques choses de distinctifs qui font en sorte qu’ils valaient de détour. Un autre chose étonne, la qualité exceptionnelle du jeu des jeunes comédiens, les deux jeunes de Sur Les traces de Superman, ceux de Maman Je t’aime et Afie, le loup-garou entre autres et mentionnons aussi le jeune comédie qui interprète Finn dans le film de Frans Weisz, Mels van der Hoeven, qui face à un monstre sacré du 7e art, Jan Declair, ne s’en laisse pas imposé.
Voir tant de films provenant des quatre coins du monde destinés à un même publique cible permet de dresser un portrait des thématiques qui touchent particulière les jeunes. Ici, au Québec, la question de l’intimidation fut abondamment commenté dans les médias au cours des dernières années. On a pu voir que cela ne touchait pas seulement le Québec. On a vu des films le traiter de toutes les façons possibles. Encore aujourd’hui, durant la cérémonie de clôture fut présenté le film gagnant du concours mon «Premier Film», concours qui invitait les jeunes à réaliser un court-métrage à l’aide d’un téléphone cellulaire. Le film gagnant traitait également de ce sujet. Sur l’ensemble de la programmation, un film sort du lot, Les Durs à Cuir figurant au palmarès Jeune.
L’autre grand sujet est la monoparentalité. Divorcé ou endeuillé, toutes les déclinaisons furent abordé. Maman est en Amérique et à rencontrer Buffalo Bill a traité de la prise de conscience de sa situation avec une belle mélancolie. Un autre grand film projeté au Fifem a traité du deuil, mais aussi de l’héritage et l’influence sur le quotidien des survivants, Finn, Le Violoniste de Frans Weisz.
Au niveau de mon bilan personnelle, Maman je t’aime fini bon premier, une œuvre mature, maitrisé et sensible, avec une mention particulière pour trois autres films, Komaneko, Le Petit Chat curieux un film d’animation du japonais Tsuneo Goda, magnifique film en stop motion, un hommage au cinéma, au bricolage et à la débrouillardise; Antboy de Ask Hasselbalch, un film de superhéros qui a su jouer habilement avec les codifications du genre; et Finn, le violoniste du néerlandais Frans Weisz, un film à la fois dense et lumineux, fort en symbolique. Sur ce dernier film, ça marque une rencontre formidable avec un réalisateur que nous avons eu en entrevu, un homme généreux de son temps qui malgré ces cinquante ans de carrière a couru le festival de films en films comme un jeune festivalier, curieux de voir les films venant des quatre coins de la planète.
Je m’en voudrais de finir le festival sans une mention spécial pour Martin Dion qui a assuré la narration française pour la majorité des films. Frans Weisz, après l’entrevue «officielle», racontais à quel point il était enthousiasme du travail de M. Dion sur son propre film.


Bonjour!
Le prix INIS n’√©tait pas d√©cern√© au meilleur film ni au coup de coeur puisqu’il y avait d√©j√† des cat√©gories pour √ßa, mais bien pour l’innovation et l’originalit√©. L’approche documentaire pour un film pour enfant n’est pas commode et c’est encore plus rare qu’il arrive √† nous toucher.
Vous pourriez également débattre du film avec le jury qui lui ont décerné le César du meilleur documentaire cette année.
Pour ce qui est du meilleur film et du coup de coeur, nous √©tions en parfaite accord avec le jury international : Sur les traces de Superman et Maman, je t’aime. Deux films √† voir absolument!
Bien à vous,
Tania Gagné