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Shekinah – la vie intime des femmes hassidiques

Vision partielle sur une communauté côtoyée mais très peu connue – ♥½

Abbey Jack Neidik, juif non pratiquant habitant à Montréal, se questionne sur la communauté hassidique de son quartier. Obtenant un accès privilégié à la communauté Loubavitch, reconnue pour être plus progressiste, il a notamment suivi un groupe de jeunes femmes hassidiques, qui participent à un séminaire où elles sont formées pour devenir de bonnes épouses et mères.

ShekinahPartant d’une interrogation très intéressante, Abbey Jack Neidik part à la découverte d’une face peu connue d’une communauté objet de nombreux fantasmes : les juifs hassidiques de Montréal. Leur allure stricte et leur hermétisme vis-à-vis du reste de la société québécoise motive de nombreux préjugés, que pointe le réalisateur. Sur un sujet très sensible au regard du contexte de la proposition de loi actuelle sur la charte des valeurs québécoise, on attend beaucoup de ce documentaire, par curiosité mais aussi pour apprendre à corriger les stéréotypes que chacun d’entre nous a, plus ou moins, sur ces femmes, vue comme minorité dans la minorité. Mais notre envie d’apprendre est fortement déçue dès le début : il ne sera pas question de la communauté hassidique dans son ensemble ici, mais d’une secte progressiste à l’intérieur de cette dernière : la communauté Chabad Loubavitch de Sainte-Agathe-des-Monts, quant à elle progressiste et plus ouverte sur la société. Le propos reste évidemment intéressant et on écoutera avec intérêt les enseignements transmis aux jeunes femmes sur les valeurs, la tradition, la spiritualité, le code vestimentaire, le rapport au monde, à l’amour, au mariage et à la sexualité. Mais le réalisateur ne va pas au bout du propos, le rapport hommes-femmes, notamment, reste abordé en surface, comme en témoignent les interrogations muettes mais longues de sens de ces jeunes femmes, l’une mariée et l’autre encore célibataire (à 26 ans, la plus « vieille » célibataire de toute sa rue), sur le rapport entre époux. On aborde et mélange un peu tout : l’enseignement, les explications théologiques, l’ésotérisme, l’antisémitisme, les valeurs … mais on ne répond finalement qu’à peu de choses. Seule opinion divergente, une veille résidente de Sainte-Agathe décrit les jeunes filles comme « aveuglées » et subissant un « lavage de cerveau », ce à quoi la Rebbitsen Chanie Carlebach répond : « Quel est le problème d’avoir un cerveau propre ? » Comme le film, la conversation s’arrête là et le malaise demeure…

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