Les Interdits

Deux monteurs (Philippe Kotlarski et Anne Weil) signent avec Les Interdits un premier long métrage touchant et maitrisé, qui malgré quelques faiblesses scénaristiques, révèle un nouveau venu : Jérémie Lippmann. ♥ ♥ ♥ ½

C’est beau de voir un inconnu éclater l’écran à ce point, ce n’est pas tous les jours que cela arrive. Jérémie Lippman, connu par certain pour son rôle dans un soap à la française, Paris 16eme,  débarque sur le grand écran comme la révélation de ce début d’année. Coiffé comme Émile Hirsh dans Milk, il éclipse le reste de la splendide distribution.

Dans l’URSS de 1979, les interdits sont nombreux et encore davantage si vous avez le malheur d’être juif. Des groupuscules s’organisent, avec de l’aide étrangère, en France notamment, pour faire sortir les juifs qui désireraient se rendre en Israël ou ailleurs. Carole et Jérôme, cousin et cousine, partent en voyage organisé pour Odessa, ils emportent illégalement avec eux des livres, des médaillons religieux, des bleus jeans et des médicaments. Arrivé là-bas, ils font la connaissant d’un de ces groupuscules et se lient d’amitié avec eux… Cousin et cousine sont amoureux et comme dit la chanson : «Paraît que cousin et cousine, ça ne doit pas s´aimer d´amour, non ça ne doit pas parler d´amour». Un autre interdit qui malheureusement prend un trop de place dans le fin du film.

L’époque est fascinante et les réalisateurs réussissent à l’évoquer avec charme et mélancolie. À notre époque où les groupes d’extrémistes prennent de l’ampleur, il n’a pas si déconnecté de voir un film parler d’interdits, de sociétés souterraines fervant d’une liberté intellectuelle. Mais ce que le film lève aussi comme problématique et c’est là que l’attention aurait dû être mis, ce sont les divergences  au sein même des cercles. Jérôme (Jérémie Lippman) comprend mal la vision fermé de David, un autre français sympathisant, ce dernier à une vision Israélo-centriste, Jérôme le confronte sur ses positions, mais en vain, les réalisateurs, qui signent également le scénario, ne creusent pas assez ce filons qui aurait été des plus intéressant.

Laurent

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