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The Immigrant

Demi-échec pour James Gray avec The Immigrant, c’est d’autant plus triste puisque c’est lui qui depuis le début de sa carrière nous avais donné le meilleur du cinéma américain des dernières années.  ♥ ♥ ♥ ½

Il y a quelques choses de beau et d’émouvant dans le fait que le nouveau film de M. Gray prenne l’affiche que la même semaine que décède Gordon Willis, l’un des plus grand directeur photo que le cinéma ait connu. Il y a une filiation évidente entre l’esthétique visuel des films de Gray et ceux pour lesquels à travailler Willis.  Ils ont une manière commune de filmer les intérieurs, toujours très feutré, une importance particulière faite au brun, au marron, au rouge-vin… En 5 films Gray à travailler avec 4 directeurs de photographie différents, mais toujours les images sont d’une même esthétique, d’une même perfection, il est donc le maitre de sa direction photo. Gray est l’héritier de Willis, Willis s’est Rembrandt et Gray, Le Caravage, l’un peint, l’autre met en scène

La comparaison entre les peintres ne sont pas veinent,  les deux ont les mêmes sujets mais le mise en image bien que similaire est différente, chez Rembrandt Jésus ressuscité transcende la lumière (Disciple d’Emmaüs) chez Le Caravage, on met les doigts dans la plait du Christ pour s’assurer que c’est bien lui (L’incrédulité de Thomas). Gordon a toujours eu une certaine pudeur pour ces sujets, Jane Fonda prostitué de Klute est peinte avec retenu, Gray montre sa prostitué (Marion Cotillard) sur le «meat market»  sans complaise, les spectacles du proxénète qui exploitant les jeunes immigrantes sans ressources (Joaquin Phoenix), ce sont les doigts dans la plait, on nous le montre, on nous le remontre, on le surligne au crayon. C’est peut-être là que le nouveau film de Gray n’a pas la même force que les films précédent, c’est ce côté surlignage, chaque plan est trop: trop travaillé, trop surchargé de signification. Gray tente d’y faire les faiblesses d’un scénario prévisible et prétentieux.

Ce n’est peut-être pas pour rien que le film sort en salle un an presque jour pour jour après présentation à Cannes l’an passé, il y a quelqu’un quelques parts qui devait avoir des réserves sur les qualités du film. Sur papier, le film semblait avoir tout pour remporter son lot d’Oscar: une reconstitution historique, une histoire d’amour contrarié, une histoire de maladie, une histoire d’amour fraternel entre des sœurs qui poussent l’une vers la déchéance pour sauver l’autre et une distribution hors-pairs, la muse de James Gray, Joaquin Phoenix, Jeremy Renner et Marion Cotillard parfaite en immigrante polonaise.  Avec une sortie Nord-Américaine en mai, pour un film comme celui-là, c’est un peu se débarrasser du film, comme ça à la va vite.

Laurent

**class!K**

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