La vanité

La vanité – « La Suisse, un pays parfait pour la mort » – ♥♥♥½

David Miller, vieil architecte malade, veut en finir avec sa vie. Il a recours à une association d’aide au suicide mais Espe, l’accompagnatrice, ne semble pas très au fait de la procédure alors que David Miller tente par tous les moyens de convaincre Tréplev, le prostitué russe de la chambre d’à côté, d’être le témoin de son dernier souffle, comme la loi l’exige en Suisse. 

la_vanité_afficheUn vieil homme malade décide d’être euthanasié dans une des chambres de l’hôtel qu’il avait autrefois conçu avec sa femme. Dans un quasi huis-clos et sur cette trame très simple au thème a priori lourd et tragique, Lionel Baier arrive à proposer une excellente comédie où l’humour noir, l’absurde et la galerie de personnages loufoques et originaux emportent le spectateur dès les premières minutes dans une avalanche de situations cocasses, de bons mots et de scènes inoubliables.

Une comédie enlevée, suivant les règles du théâtre classique

Sur la forme, le réalisateur réussit un véritable pari: suivre les règles du théâtre classique (unités de lieu, de temps et d’action), sur un des thèmes les plus difficiles à aborder, la mort. Tout est épuré pour laisser la place nette à l’écriture et au jeu des acteurs. Et c’est un véritable plaisir que d’assister à une comédie où les acteurs ne minaudent pas, sans surenchère d’effets spéciaux ou de décors fastueux. Ici, tout est dans la nuance, le décalage et le second degré. Lionel Baier et Julien Bouissoux (au scénario) arrivent à renverser le côté « administratif » et froid du suicide assisté à la Suisse,  pour le tourner en ridicule avec beaucoup de légèreté et d’originalité. La mort elle-même est ridiculisée entre ratages et humour potache (vous vous souviendrez comment le jeune témoin a trouvé la vanité du tableau de Holbein, Les ambassadeurs)

Des acteurs entre hébétude et poésie

On retrouve avec énormément de plaisir Carmen Maura, son regard coquin et sa mine mutine. Celle-ci est magnifiquement accompagnée par Patrick Lapp, l’aspirant suicidé, tout en retenue et en humour noir et par Ivan Georgiev, au regard pétillant et au physique de jeune premier. Ils incarnent tous trois à merveille cette famille fantasmée, foutraque et touchante, aux émotions contradictoires, aux coups de sang et aux épanchements sentimentaux.

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