La Nuée : L’horreur à la French Touch

France, 2020
Note : ★★★

Sorti en France au début de l’été, La Nuée est le premier long métrage du cinéaste Just Philippot. Au Canada, il est disponible sur la plateforme Netflix. Le film raconte l’histoire d’une mère célibataire Virginie (Suliane Brahim) avec ses deux enfants, Laura (Marie Narbonne) et Gaston (Raphaël Romand) le plus jeune, ils seront au cœur d’un drame familial incluant un essaim de sauterelles sanguinaires.

« Il y a plus de protéines dans 100 grammes de sauterelles que dans 120 grammes de viande », c’est avec cette logique que cette mère entrepreneuse décide de se lancer dans l’élevage d’insectes comestibles. Elle pourra ainsi contribuer à la diminution de la consommation de viande et son impact sur l’environnement. Virginie devra concilier sa vie de mère monoparentale avec sa vie d’agricultrice, réussir à s’imposer dans le milieu de l’élevage. Sa production reste insuffisante, sa clientèle est abjecte, difficile pour la famille de s’en sortir financièrement et d’éviter par la même occasion une crise familiale. Les sauterelles se reproduisent peu et meurent prématurément, jusqu’au jour où Virginie découvre leur appétit pour le sang, elle va donc littéralement se lancer corps et âme dans l’aventure.

Le cinéma français nous offre habituellement des comédies, mais avec La Nuée l’horreur à la française se montre également de qualité. Contrairement aux films du genre utilisant des insectes sanguinaires pour l’attrait du spectacle, La Nuée utilise les bestioles pour traiter de la difficulté des milieux de l’élevage et de l’agriculture. L’histoire nous entraîne dans la spirale descendante du désespoir de cette éleveuse, interprétée brillamment par Suliane Brahim (qu’on retrouve entre autres dans la série franco-belge Zone Blanche). Nous pouvons souligner sa performance qui va au-delà de son jeu d’actrice, effectivement, il en faut du courage pour manipuler de grosses sauterelles avec une telle aisance. Le travail d’éleveuse est physique et lui laisse très peu de temps au divertissement, toutefois elle conserve une relation tumultueuse avec son ami viticulteur Karim (Sofian Khammes) sans jamais tomber dans une romance dramatique. Le scénario reste principalement axé sur les relations conflictuelles entre mère et fille qui découlent de la difficulté du travail. Marie Narbonne endosse parfaitement le rôle d’une adolescente n’aimant pas l’endroit où elle vit, difficultés à l’école et aucun attrait pour la profession de sa mère, a cette grande maturité dans son interprétation malgré son jeune âge, elle découvrira rapidement le lien obsessionnel unissant sa mère aux sauterelles.

C’est le premier long métrage de Just Philippot. Il réussit le défi de réaliser un film d’horreur avec des bestioles sans tomber dans le thriller caricatural, les plans avec les insectes dégustant leurs victimes sont furtivement mis en scène et laissant ainsi place à l’imagination angoissante du spectateur. Il joue davantage avec le son des nuées d’insectes, qui s’active quand la menace est présente, une belle maîtrise de sa part qui rappelle sans nul doute les grands cinéastes de l’horreur. Les effets sont très réalistes, totalement intégrés à l’histoire, en toute légèreté pour que le fantastique du film renforce le réalisme et non l’inverse. D’après le réalisateur, sa référence la plus directe pour la préparation de son film a été Take Shelter (2011), film américain montrant des scènes apocalyptiques et mettant en vedette Michael Shannon. Âgé de 39 ans, Philippot a vraisemblablement une belle carrière devant lui. C’est également le tout premier long métrage de la nouvelle société de production française Wild West, désirant être le nouveau « Blumhouse » à la française, leur production sera principalement axée sur l’horreur, le thriller, le fantastique et la science-fiction.

La Nuée s’inscrit donc comme l’une des belles productions horrifiques de l’année 2021, une belle surprise pour le cinéma français peu habitué à ce genre de film et une belle découverte pour les cinéphiles friands de frissons.

 

Bande annonce :

Durée : 1h41
Crédit photos : Netflix

 

Vous voulez plus de thriller? Retrouvez ici notre critique du film Old.

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