Old : Pas si paradisiaque que ça

États-Unis, 2021
Note : ★★½

Monsieur M. Night Shyamalan, grand maître du thriller, nous revient avec son long-métrage Old. Tiré de la bande dessinée Château de sable de Frederik Peeters et Pierre-Oscar Lévy, le film raconte l’histoire d’une famille dont les parents Guy (Gael Garcia Bernal) et Prisca (Vicky Krieps) traversent une mauvaise phase au sein de leur couple. Ils décident alors de s’offrir des vacances de rêve au Mexique avec leurs deux jeunes enfants, histoire de rétablir la cohésion familiale. 

Après quelques jours sur place, la petite famille décide de faire une excursion sur un atoll isolé pour se détendre. Ils seront amenés par le conducteur de la navette de bus interprété par M. Night Shyamalan lui-même. Accessible uniquement à pied, la petite famille découvrira rapidement que d’étranges phénomènes vont se produire; toutes les personnes présentes sur cette plage vont vieillir prématurément. De plus, pour une raison mystique, impossible de quitter les lieux une fois rendu sur place. Ce petit coin de paradis va très vite se transformer en un huis clos terrifiant.

Si certains films de M. Night Shyamalan ont pu être désignés comme navets et s’il n’a pas toujours été simple pour le cinéaste de se faire une place dans cette industrie du cinéma hollywoodien, celui-ci a prouvé qu’il faisait partie des grands noms du cinéma, avec The Sixth Sense bien sûr, mais aussi Split, la suite inattendue d’Unbreakable, un véritable coup de génie de sa part. Aujourd’hui sa réputation n’est plus à faire, il suffit de voir son nom inscrit sur une affiche de film pour éveiller la curiosité chez le spectateur.

Avec Old, le réalisateur nous transporte ironiquement dans un « confinement temporel » à ciel ouvert. Le décor, quant à lui, pourrait faire rêver, mais très vite il devient inconfortable pour le spectateur. Pourtant, tous les éléments sont présents pour lui faire passer un agréable moment ; les personnages sont en vacances, ils sont heureux, c’est une journée ensoleillée, la plage semble paradisiaque. Mais en regardant de plus près, ce paysage ne dit rien qui vaille; le ciel n’est pas tout à fait bleu, le sable n’est pas tout à fait clair, l’océan est agité, le surplus de nourriture inquiète, les immenses rochers imposent un sentiment d’enfermement. Il s’agit d’un très bon choix de décor pour déranger le spectateur… C’est là tout le talent du cinéaste, réussir à imposer un certain malaise dès le début de ses films, avec très peu d’éléments. Impossible pour les personnages de quitter cette plage, car dès le moment où ils tenteront de partir, une douleur inexpliquée leur surviendra, les obligeant à rester confiner sur cet atoll pas si paradisiaque que ça. Les acteurs interprètent correctement leur rôle en toute simplicité, ils réussissent à maintenir attentif le spectateur, sans pour autant livrer de grandes prouesses d’interprétation, encore faudrait-il qu’ils en aient l’occasion. Nous attendions peut-être plus de la part du maître du rebondissement. Le scénario est assez simple en soi, les événements sont prévisibles et l’appréhension n’est pas au rendez-vous. Non seulement la fin ne surprend pas, mais il manque cette chute inattendue dont le cinéaste est un spécialiste. Le film pourrait presque se confondre à un bon téléfilm de genre thriller passant à la télévision tard en soirée.

Mis à part la simplicité scénaristique, le film reste un divertissement de qualité, agréable à regarder, car M. Night Shyamalan réussit tout de même à tenir en haleine le spectateur avec certains plans, comme il sait si bien le faire. On notera par exemple cette scène où les enfants ont grandi prématurément en quelques minutes. Le spectateur, ne voyant que les acteurs de dos, devra patienter un court instant pour voir cette transformation physique chez les enfants. C’est peut-être bien là la grande excitation du film. 

Y a-t-il un message caché à retenir, comme une poésie sur le temps qui file toujours trop vite, nos changements physiques, notre incapacité à savourer le moment présent, vouloir arrêter à tout prix notre vieillissement qui est malheureusement inévitable ? C’est permis d’y croire.

En conclusion, les cinéphiles auront certainement du plaisir à regarder le  dernier film de  M. Night Shyamalan, et ce, même s’ il dure près de deux heures. Mais le cinéaste aurait pu surprendre ses fans davantage et d’une manière plus originale. Son talent est unanime, il en est bien capable, c’est sûrement là toute la frustration, car le  film n’est malheureusement pas à la hauteur de son nom.

 

Bande annonce :

Durée : 1h49
Crédit photos : Universal Pictures

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