Hou Hsiao-hsien

Hou Hsiao-hsien est considéré comme la figure de proue de la nouvelle vague taïwanaise. Près de trente-cinq après le début de cette vague, il a réussi à se construire une œuvre monumentale, primée dans les plus grands festivals. The Assassin, son nouveau long métrage, est présenté actuellement au festival de Cannes.

Avant l’explosion de la nouvelle vague taïwanaise en 1982, HHH avait signé trois longs métrages qui s’inscrivent dans une lignée plus traditionnelle, fait de mélodrame et de mise en scène académique. Par la suite, le réalisateur parlera peu, pour ne pas dire jamais, de ses films de jeunesse.

C’est en 1982 que sa véritable carrière commence, quand il coréalise avec Jen Wan et Zhuang Xiang Zeng de The Sandwich Man, considéré point comme étant le point de départ du renouveau du cinéma taïwanais. En 1983, il réalise Les Garçons de Fengkui. Ce film marque sa première collaboration avec T’ien-wen Chu qui scénarisera tous (sauf Le Voyage du Ballon Rouge) les films du réalisateur. C’est avec ce film que l’occident le découvre, il remportera la Montgolfière d’Or au Festival des Trois Continents de Nantes. L’année suivante, Un été chez grand-père rempote le même prix au même festival.
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En deux ans, en plus des films de Hou Hsiao-hsien, Kun Hao Chen réalise Growing Up, Yi Chang, Madam Yu Ching et Edward Yang, That Day, on the Beach. Ils se partageant les Golden Horse (Genre d’oscar du cinéma Taïwanais) et parcourent les festivals du monde. Ensemble, il crée un cinéma nouveau, se voulant réaliste, racontant la jeunesse et la vie des gens ordinaire. Très influencé par la vidéo, ils sont en quelque sorte le chaînon entre le néoréalisme italien et le Dogme danois de 1995. Le style de HHH se distingue un peu de celui de ses confrères, préférant les longs plans et minimisant les mouvements de caméra.

En 1986, il présente au Forum du nouveau cinéma, lors du festival du film de Berlin, Un temps pour vivre, un temps pour mourir qui y remporte le prix de la presse international. En 1989-1990, c’est l’ultime consécration, en 1989, son film A City of Sadness remporte le Lion d’or à Venise et l’année suivante, l’International Society of Cinémathèques, le nomme « le cinéaste le plus important de notre temps ».

A City of Sadness ouvre sur une nouvelle période dans la carrière de Hou Hsiao-Hsien, celle des fresques historiques. Une fresque historiques version HHH, c’est encore la volonté de raconter le plus simplement possible une histoire de gens ordinaire, ici les relations entre quatre frères, mais d’inscrire cette histoire dans une série de bouleversements historiques. C’est peut-être dans les fresques historiques de HHH que l’on voit le mieux l’influence d’un Rossellini, le Rossellini de Paisa, de Rome, Ville Ouverte ou d’Allemagne Année Zéro, mais aussi le Rossellini de La Prise de pouvoir par Louis XIV, celui qui mélange histoire ordinaire en période historique extraordinaire.

le-voyage-du-ballon-rouge-607416lSa deuxième fresque historique, The Puppetmaster, sort en 1993 et marque sa première participation à la compétition officielle à Cannes, il repartira du festival avec le prix du Jury. Ces quatre films suivant seront également sélectionné en compétition, mais repartiront les mains vides (presque vide, puisque Millennium Mambo aura droit à un prix pour son travail technique.)

En 2003, pour marquer le centenaire Yasujirō Ozu, un projet réunissant quelques cinéastes se mets en place. Chacun d’eux réalise à sa façon un film-hommage au maître Japonais. Entre autres, Abbas Kiarostami réalisera Five dedicate to Ozu. Café Lumière devait, à la base, être un film collectif réunissant Hou Hsio-Hsien et deux autres réalisateurs qui ont abandonné le projet, le réalisateur taïwanais le réalise donc le film dans son entièreté.

Si l’influence d’Ozu et de Rossellini est toujours évidente dans le cinéma de HHH, celle d’Albert Lamorisse l’est malheureusement un peu moins, en grande partie parce que Lamorisse est un cinéaste quelques peu oubliés. Le taïwanais tenta de rétablir Lamorisse avec son superbe Voyage du Ballon Rouge, film-hommage/remake du Ballon Rouge de Lamorisse. Le style visuel de Lamorisse rencontre les thématiques de Hsiao-hsien. C’est beau, c’est simple, le travail de Ping Bin Lee, fidèle directeur photo des films de HHH, n’a jamais été aussi réussi (sauf peut-être sur Millennium Mambo).

Hou Hsiao-hsien  revient à Cannes en 2015 et figure pour la 7e fois à la sélection officielle. The Assassin marque une nouveauté dans sa carrière, le réalisateur taïwanais s’attaque au film d’arts martiaux.

 

 

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