Jacques Audiard

Jacques Audiard, l’homme qui aimait les hommes !

François Truffaut s’en retournerait dans sa tombe s’il lisait notre titre mais force est de constater que le fils de Michel Audiard, anciennement marié à la réalisatrice Marion Vernoux, a comme une inclination prononcée pour ses personnages masculins.

 

N’avez-vous jamais remarqué ?

Sans ambigüité aucune, à chaque fois qu’un acteur pas ou peu connu, passe devant la caméra du réalisateur français, il explose quasi-systématiquement aux yeux du monde francophone ?

 

Avec son avant dernier long-métrage, De Rouille et d’os met en vedette un formidable acteur en devenir : Matthias Schoenaerts

Ce nom ne vous dit rien ?

Il est vrai qu’avant Cannes 2012, le grand et sculptural belge avait surtout été remarqué dans Rundskop(Bullhead) qui avait concouru dans la catégorie meilleur film étranger aux oscars l’an dernier.

Mais pour être honnête, excepté les cinéphiles, qui avait bien pris le temps d’aller voir ce film (par ailleurs excellent) ?

Avec De Rouille et d’os cette fois-ci, le bel acteur trouve un rôle qui le révèle réellement aux yeux du monde entier ! Imposant et charismatique, il y porte le rôle principal avec naturel, force et sincérité.

 

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Et si on le compare avec les précédents rôles masculins de Jacques Audiard, alors on se dit que c’est un avenir doré qui attend Mathias Schoenaerts.

Voyez plutôt !

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En 2009, « Un prophète » remporte le Grand Prix au festival de Cannes. Le film introduit les spectateurs dans une plongée sombre dans l’univers carcéral : « Brillant » diront certain, « magnifiquement interprété » diront les autres. Et dans le rôle titre, un petit nouveau : Tahar Rahim (voir entrevue) !

Inconnu quelques semaines avant, l’acteur français d’origine algérienne rafle alors toutes les récompenses sur son passage : César (espoir et acteur), Prix Patrick Dewaere, Prix Lumière et Globe de cristal !

Depuis il a tourné pour Lou Ye (Love and bruises) et Jean-Jacques Annaud (Or Noir) et il est repassé à Cannes cette année pour A perdre la raison.

En 2005, Jacques Audiard a le projet de réaliser un remake de « Mélodie pour un tueur » de James Toback…Cela s’intitulera « De battre mon cœur s’est arrêté ».

Pour son rôle principal, il fait appel à Romain Duris, l’acteur vedette de Cédric Klapish.

Pour ce dernier, il y aura véritablement un avant et un après Audiard.

En 2005, il a pourtant trente et un an mais on ne lui a alors jamais proposé de rôle vraiment mâture. Certes il est parfait en jeune adulte qui refuse de grandir (Gadjo Dilo, Peut-être, L’Auberge espagnole), mais il est cherche alors des rôles à sa mesure. Avec « De battre, mon cœur s’est arrêté », il trouve enfin un personnage fort et grave. Il enchaîne depuis avec des rôles adultes (Dans Paris, PersécutionL’homme qui voulait vivre sa vie) avec grand succès.

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Quatre ans plus tôt, en 2001, le réalisateur français sort « Sur mes lèvres » avec Emmanuelle Devos (meilleure actrice aux césars/voir entrevue) et c’est encore une fois un jeune premier habituellement cantonné aux rôles simples : Vincent Cassel … qui avait pourtant déjà 35 ans !

Grâce à ce rôle, on lui propose ensuite des personnages plus torturés (Mesrine, Le Moine) voir même une carrière internationale (Il a tourné récemment pour Soderbergh, Aronofsky et Cronenberg)

 

Enfin, dans les années 90, Jacques Audiard réalise deux films qui le feront connaître aux yeux du grand public : « Regarde les hommes tomber » avec Jean Louis Trintignant et « Un héros très discret » qui lui vaut à Cannes le prix du meilleur scénario.

Dans les deux films, le réalisateurs français choisit un jeune trublion du cinéma : Mathieu Kassovitz.

Fraichement sorti du succès de « La Haine », l’acteur réalisateur ne se laisse pas impressionner par grand monde !

Avec « Un héros très discret », il trouve un rôle d’acteur à sa mesure et se permet d’être ensuite ultra-sélectif

On le voit peu mais on le voit bien: Blier (Mon homme), Jeunet (Amélie Poulain), Costa Gavras (Amen), Spielberg (Munich)…

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Avec déjà 8 césars (films, scénario, réalisateur) et de nombreuses récompenses au travers le monde, le fils de Michel Audiard est en passe de surpasser le père. Proposant systématiquement des personnages forts et intenses à ses acteurs, il sait capter le meilleur d’eux.

2015, Jacques Audiard revient à Cannes avec « Dheepan », un long métrage poignant qui retrace le parcours d’un réfugié sri-lankais tamoul en France. Le film, librement inspiré des Lettres persanes de Montesquieu, met en vedette un acteur débutant inconnu dans le rôle principal ainsi que le toujours très bon Vincent Rottier. Si De Rouille et d’os était injustement boudé par le palmarès il y a trois ans, le jury sera peut-être sensible au fait que le grand Michel ait souvent frôlé la palme….

 

Ouvoir.ca

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