Francis Ford Coppola

De loin le cinéaste le plus talentueux de sa génération, et ce n’est pas peu dire lui est de celle des Scorsese, De Palme, Allen, Friedkin et autre Malick…, mais il est également l’un des plus primés (5 oscar, dont deux du meilleur    film; 2 palmes d’or et 4 Golden Globe). Francis Ford Coppola nous reviens avec son 22e film, Twixt, film auto-produit et auto-référentiel.  

Née le 7 avril 1939, à Détroit d’une famille d’origine italienne, d’un père compositeur (il signera quelques musiques des films de fiston) et d’une    mère actrice. Toute le monde chez les Coppola ont un lien avec le milieu artistique, l’oncle Anton est compositeur, son frère August un avocat spécialisé dans les affaires des Arts, sa sœur Talia    est actrice (il sera de la distribution entre autre dans les The Godfather et les Rocky) et la troisième génération de Coppola compte dans ces rang Sofia (réalisatrice), Marc (Dj et Acteur)  Nicolas Cage et Jason Schwartzman (acteur) et Roman (Scénariste et réalisateur) … … …

Dès son jeune âge Coppola s’intéresse au théâtre et au cinéma, tournant à plusieurs reprises des films en 8mm. C’est le visionnement d’Octobre de Sergei Eisenstein qui le poussera vers le 7e art, la scène finale d’Apocalypse Now est d’ailleurs inspirée du montage de La Grève du même Eisenstein. Puis fraichement gradué de l’UCLA Film School, le producteur Roger Corman l’engage comme assistant-réalisateur et réalisateur de seconde équipe. Coppola prend les commandes de Dementia 13, film d’horreur de série B, qu’il a lui-même scénarisé et rencontre sur le plateau Eleanor Jessie Neil, sa future femme. Il commence ensuite à travailler sur des scénarios de plus grosse production, This proprety is Condemned de Sydney Pollack entre autres. En 1966, il finit son deuxième long métrage, You’re a big boy now,    projet de fin de thèse à UCLA et que la Warner distribua.

En 1970, il scénarise Patton, qui sera récompensé par l’oscar du meilleur film et du    meilleur scénario. En 1972, le film de gangster est associé au passé, l’époque des films de James Cagney et d’Edward G. Robinson tournés dans les années trente et quarante. Robert Evans, alors à    la tête de la Paramount, achète tout de même les droits du roman de Mario Puzo, The Godfather, après avoir approché plusieurs réalisateurs, dont Sergio Leone et Peter Bogdanovich, il se tourne vers Coppola qui dans un premier temps refuse à cause entre autre de ses propres origines siciliennes. Et la suite des choses est histoire connue, le film rapporte un succès gigantesque et reçoit    Oscar et Golden Globe en quantité…

1974 est son année de prédilection, il tourne The Godfather part II, qui selon plusieurs dépasse le premier chapitre, film qui remportera entre l’Oscar du Meilleur Film. La même année il tourne également The Conversation, version moderne et auditive de Rear Window d’Hitchcock, qui lui se verra décerner la Palme d’or à Cannes. Durant le tournage de The Conversation, il écrit le scénario de The Great Gatsby que réalisera Jack Clayton, immense succès au box-office.

Les cinq années suivantes seront entièrement consacré à son adaptions du roman de Joseph Conrad, Heart of Darkness. Épopée dramatique dont l’aboutissement relèvera du miracle, Eleanor y consacra d’ailleurs un excellent documentaire, Hearts of Darkness : A Filmmaker’s Apocalypse. Apocalypse Now sort une première fois en 1979, dans une version «work in progress»,  puis en 2003 dans une version définitive. En 1979, il remporte de nouveau la Palme devenant le premier réalisateur doublement palmé.

En 1982, il réalise One from the Heart, innovant avec son utilisation de la vidéo. Premier et seul, véritable échec de la sa carrière, si le film est réhabilité aujourd’hui, à l’époque, il fit perde près de 20 millions de dollars à la Zoetrope Studios, compagnie de production de    Coppola, qui dut faire faillite, mais rouvrira toute de suite devenant l’American Zoetrope. C’est l’American Zoetrope qui produira d’ailleurs le premier film américain de Wim Wenders, Hammett,    qui selon plusieurs personnes ayant assisté au tournage n’aurait réalisé que 30 % du film, le reste aurait été réalisé par Coppola lui-même.

Chez certains théoriciens du cinéma, on dit que la décennie de années quatre-vingt est la plus intéressante, une série de film innovant sur la plan de technique et de la narrativité, ainsi que des récupérations esthétiques réussit de plusieurs époques et mouvements de l’histoire de    l’art, pourtant du coté de box-office, si on exclut Peggy Sue got Married en 1986, aucun succès marquant, ce qui amena de nouveau la compagnie de Coppola sur le bord du gouffre. C’est d’ailleurs pour répondre aux exigences de ses créanciers qu’il accepte de réaliser le troisième chapitre de The Godfather, qui malgré quelques réticences critiques, le films fut un succès au box-office et    décrocha 7 nominations  aux oscars. En 1992, il retourne à ses premières amours et réalise de nouveau un film d’horreur, Dracula, qui est en datant, son dernier succès artistique tournée à l’intérieur du système Hollywoodien.

Après la réalisé de The Rainmaker en 1997 et de plusieurs autres projets avortés Coppola se retire un peu de l’industrie cinématographique et se lance dans la culture viticole. Suite à 10 ans    d’absence, il revient avec Youth without Youth, succès critique en Europe et échec aux États-Unis. Suite à cette expérience, Coppola affirma que dorénavant, il produira et financera (avec le revenu de ses vignes) entièrement les films qui réalisera, histoire d’avoir un contrôle absolu sur son œuvre futur. Le premier film fait dans cette optique, Tetro, sorti en 2009. Même si le film est un échec au box-office, on voit dans ce film la renaissance d’un maître, celui qui contrairement à ses contemporain, nous parlons ici des Scoreses/Lucas/De Palma/Bogdanovich, réussi à innover toujours, bref un grand film d’un réalisateur duquel plus personne n’attendais quelques choses.

Ce mois-ci sort en salle et DVD de façon presque simultané, Twixt, film d’horreur réflexif    sur la vie et l’œuvre d’un créateur. Moins réussit que l’était Tetro, il n’en reste pas un film jouissif où l’on voit un réalisateur en pleine liberté, ce qui est, il ne faut pas se le cacher,    assez rare dans le cinéma américain.

Laurent

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