De Rouille et d’os

Un sommet injustement boudé des primés à Cannes ♥♥♥♥♥

Ali se retrouve avec Sam, 5 ans, sur les bras. C’est son fils, il le connaît à peine. Sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa sœur à Antibes. Là-bas, c’est tout de suite mieux, elle les héberge dans le garage de son pavillon, elle s’occupe du petit et il fait beau.
A la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, son destin croise celui de Stéphanie. Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone.
Il est pauvre ; elle est belle et pleine d’assurance. C’est une princesse. Tout les oppose.
Stéphanie est dresseuse d’orques au Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au drame pour qu’un coup de téléphone dans la nuit les réunisse à nouveau.
Quand Ali la retrouve, la princesse est tassée dans un fauteuil roulant : elle a perdu ses jambes et pas mal d’illusions.
Il va l’aider simplement, sans compassion, sans pitié. Elle va revivre.

Il faudrait des heures de débat et ou de réflexion pour décrire les émotions que suscitent le dernier film de Jacques Audiard…ou des dizaines de lignes pour faire comprendre que « De Rouille et d’Os » est une œuvre majeure.

Sans révéler le pourquoi du comment, il conviendra de s’attarder sur les qualités évidentes du film français.

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Tout d’abord le rythme : « De Rouille et d’Os » ne semble obéir à aucune règle. Même s’il est linéaire, il ne suit en aucun cas l’école américaine (présentation, développement, dénouement final) à qui Audiard est souvent comparé. Par là même le film se démarque déjà brillamment.

Ensuite pour sa mise en scène et sa photo, le réalisateur orchestre son film tel un artisan : Luminosité, esthétisme proximité des corps et précisions des dialogues…tout semble être pensé au millimètre prêt.

Nous sommes bien loin d’un Almodovar ou d’un Ozon mais la précision des personnages y est importante.

Enfin ses acteurs, avec la toujours très juste Marion cotillard et surtout celui dont tout le monde parle depuis Bullhead : Mathias Schoenaert

Vivant son personnage à 200%, l’acteur belge incarne le héro d’Audiard de manière incroyable !

« Animal » serait l’adjectif qui conviendrait le mieux au personnage qu’il interprète…mais un animal perdu, un animal blessé et qui ne sait jamais comment réagir…laissant parfois le naturel parler… ou blesser à son tour.

Terminons par des seconds rôles importants et lumineux Celine Sallette (L’Apollonide), Corinne Masiero (Louise Wimmer), Bouli Lanners (Où est la main de l’homme sans tête)

Au fil des années, Jacques Audiard se façonne une filmographie de « classiques » sans le moindre faux pas : il absorbe le meilleur de ses acteurs (qui ont la fâcheuse tendance à éclore devant sa caméra : Vincent Cassel, Romain Duris, Tahar Rahim, Mathieu Kassovitz… ) comme de ses actrices (Emmanuelle Devos dans « Sur mes lèvres » et ici Marion Cotillard)

 

« De Rouille et d’os » est un film sur le désir, la rage de vivre ou de renaître…A l’instar de son héro grand, fort, viril et violent…

 

Un nouveau sommet !

FILMOGRAPHIE JACQUES AUDIARD

2012 DE ROUILLE ET D’OS

2009 UN PROPHÈTE

Grand Prix du Jury au Festival de Cannes

César du Meilleur Film et du Meilleur Réalisateur

2005 DE BATTRE MON COEUR S’EST ARRÊTÉ

César du Meilleur Film et du Meilleur Réalisateur

2001 SUR MES LÈVRES

1996 UN HÉROS TRÈS DISCRET

Prix du Scénario au Festival de Cannes

1994 REGARDE LES HOMMES TOMBER

César du Meilleur Premier Film

 

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