Au Nom du Fils

Le cinéma belge dans ce qu’il fait de meilleur ♥♥♥♥

Si on exclut la capsule vidéo qui ouvre le film, Au nom du fils de Vincent Lannoo est un film parfait.

Captivant de bout en bout, Au nom du fils est une quête, celle d’une mère en doute, en doute sur sa foi, en doute sur son existence, mais aussi un quête vengeresse qui l’amènera à exterminer tous les prêtes pédophiles qui sont protégés par l’évêque de son diocèse. C’est une croisade contre l’hypocrisie de son monde, de son entourage dans lequel Elisabeth – interprété magnifiquement par Astrid Whettnall – se lance corps et âme.

Remettons les choses où elles sont, nous sommes dans un cinéma de genre, qui flirte avec la série B, donc on a droit à l’excès, au discours populiste, à la caricature… C’est peut-être parce que le scénario – co-signé par Philippe Falardeau – est si proche d’une réalité et de l’actualité, l’aveuglement de certains membres du clergé face la pédophilie de leur co-frères et que la bêtise est souvent proche du grotesque, ou que l’éveil de la conscience d’Élisabeth est tellement empreinte d’humaniste et de clairvoyance, mais le tout fonctionne à merveille.

La violence n’y est pas gratuite, elle sert à la fois un propos, mais elle sert également le récit. Les meutes qui se succèdent ne sont pas là en vain, mais pour marquer les étapes vers la salut de l’héroïne, c’est par ces meurtres que se détachera complètement de cette femme aveugle qu’elle était auparavant (spoiler : un fois que son parrain et père spirituel l’aura renié, donc le détachement suprême, le meurtre du coupable ne sera plus nécessaire, celle-ci aura à vivre avec sa conscience.)

Graphiquement, Lannoo fait preuve d’énormément de retenu et de décence. La mort la plus grotesque visible à l’écran, n’est pas un des meurtres salutaires d’Élizabeth, mais un suicide-involontaire d’un mercenaire-extrémiste-religieux. Le cerveau de celui-ci est déjà pourrit par les discours endoctrineurs qu’il peut bien éclater partout à l’écran, il ne s’endommagera pas d’avantage.

A noter la présence du très prometteur Zacharie Chasseriaud déjà révélé par Les géants de Bouli Lanners.

 

Écrit par :

**class!K**

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *