Pour leur 4e collaboration, Abel Ferrara et Willem Dafoe s’attardent aux derniers jours de Pier Pablo Pasolini. ♥♥♥♥ ½

Entre salle de montage où il finalise Salo et les 120 jours de Sodome, l’écriture, un entrevue, les moments entre amis et ceux avec sa mère, PPP vogue vers sa mort, elle aura lieu le 2 novembre 1975, battu par des voyous sur la plage d’Ostia.

Si 4:44 Last Day on Earth avait enchanté une partie de la critique en 2011, Welcome to New Yorkprésenté au printemps dernier à Cannes, avait été décrié par tous. Pasolini est un film de Ferrara qui joue dans la demi-mesure, délicat et sensible, un hommage d’un cinéaste à un autre. C’est un film qui serait le petit frère de 4:44, un film où la mort plane, non pas d’une façon triste et larmoyante, mais plutôt comme quelques choses d’inévitable, fait de nostalgie et de moment simple.

Welcome to New York était l’aboutissement d’une vision Ferrarienne des choses, celle de l’extrême, des personnages autodestructeurs, DSK alias Devereaux  n’était qu’un prolongement du Bad LieutenantPasolini c’est l’autre Ferrara, celui non pas de l’autodestruction, mais du monde extérieur qui s’autodétruit, comme les personnages de 4:44 qui sont confronté à la fin de monde. Pasolini est mort assassiné, sa finalité ne répond pas plus de lui que les personnages de Body Snatchers sont responsables du virus.

Ferrara fait le choix de présenter les derniers jours de Pasolini comme ceux de quelqu’un qui sait pertinemment que la fin n’est pas loin.  Dans un dîner familial, sa sœur et une amie dansent ensemble, Pasolini les regarde avec la tendresse de celui qui sait qu’il ne les reverra plus. Pasolini est conscient de son avenir. Le film jongle sur plusieurs strates, passé, présent, monde imaginaire et littéraire. Comme si l’esprit de Pasolini, cherchait durant tout le film à nous montrer ce qu’il y aurait après la mort, à nous montrer ce qu’il y aurait après sa propre mort.

Dans tout ça, il y a Willem Dafoe qui a le parfait physique de l’emploi, une paire de lunette et Pasolini s’incarne devenant nous.  Il n’est pas obligé de jouer, il est tout simplement. Ce film n’est pas seulement un hommage d’un réalisateur pour un autre réalisateur, mais surtout un hommage d’un réalisateur envers un acteur, il le film plus naturellement possible: tranquille sur un divan à lire un journal, en train d’écrire à la machine, répondre à des questions sur le sexe et la politique. Pasolini se fond dans Dafoe comme Dafoe se fond dans Pasolini.  De tous les biopics que l’on a vs dernièrement, celui-ci est l’un des plus simples et des plus incarnés.



Laurent

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