Entretien avec Jimmy Desmarais et Pierre Perrier pour Les Revenants

Production de Canal + via Haut et Court, Les Revenants fut la série fantastique a succès de 2012 en France devenant par la même occasion la création originale la plus suivie de l’histoire de la chaîne. Aujourd’hui et afin de lancer l’implantation de la Plateforme cryptée sur le territoire québécois, Jimmy Desmarais, producteur, et Pierre Perrier, un des acteurs de la série emblématique, ont bien voulu répondre à nos questions.

Autopsie d’un succès

ST : Bonjour Jimmy. Alors tout d’abord, je souhaiterais savoir où se situe la difficulté de produire une série à partir d’un film (Les revenants de Robin Campillo) ?

JD : Ce qui nous intéressait était le concept de morts qui reviennent et qui ne sont pas des zombis en conservant le même réalisme que le film. L’enjeu était de réussir à étirer la dramaturgie afin de faire vivre les personnages sur plusieurs heures, épisodes… Notre but était de resserrer sur l’intime, les personnages et leurs trajectoires.

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ST : Vous dites que le développement a été long (5 ans)

JD : Ce qui était compliqué était de savoir comment faire une série fantastique française. Dans les cinq ans de développement, on a fait trois séries différentes. La première était très proche du film et donc une série catastrophe. Finalement lorsque Fabrice (Gobert le scénariste et réalisateur ndrl) nous a rejoint, il a eu un an et demi de développement. Le but était de faire quelque chose d’universel et non pas de s’adresser uniquement à des geek ou des fans de genre (Il site entre autre Morse dans ses inspirations ndrl)

ST : Donc lorsqu’est lancée la série à l’automne 2012, on sait que Canal + veut en faire une émission phare…. Mais après le succès de l’an dernier, on se dit que la pression sera d’autant plus renouvelée sur la saison 2 non ?

JD : On ne peut pas présager du succès, mais c’est vrai qu’on a été vigilent pour avoir la meilleure production possible

ST : Combien de saisons sont prévues pour la série ?

JD : C’est dans la tête de Fabrice. Il sait exactement où il veut en arriver. Mais on essaie de rester pragmatique en se disant qu’actuellement, on en est à la saison 2.

ST : La localisation offre un paysage alpin renfermé rappelant parfois Les Rivières Pourpres. A quel moment avez-vous déterminé le lieu ?

JD : La localité s’est précisée pendant l’écriture…lorsque nous avons refermé la narration sur un ensemble de personnages, dans une communauté close : La montagne et le barrage devait rappeler en permanence l’enfermement.

On a beaucoup travaillé sur le « Suspension of disbelief » ce qui veut dire que le spectateur ne puisse pas se poser d’autres questions que celles qu’il doit se poser.

ST : Lorsqu’on en vient au casting, hormis Anne Consigny et Frédéric Pierrot, vous avez sélectionné une belle partie de la relève du cinéma français. Comment s’est passé la sélection ?

JD : Les essais étaient nécessaires mais surtout pour voir si les couples allaient fonctionner, si l’on allait trouver l’alchimie. Les comédiens avec qui l’on voulait travailler ont été très réactifs et enthousiastes.

Un des castings qui a été très compliqué sur cette série étaient les sœurs jumelles. Cela a été très très long.

ST : Pierre, avant d’arriver sur la série tu avais fait six ou sept long métrages dont Le héros de la famille, Plein sud ou encore Douche froide (avec Johan Libéreau).

PP : Je suis comédien depuis que j’ai seize ans. J’en ai vingt-neuf aujourd’hui et ai pu faire de la télé mais aussi du cinéma d’auteur via justement Douche froide ou la réalisation de Jean-Marc Barr. J’ai tout de suite été intéressé par les productions qui allaient trouver des façons intimes de me mettre en danger.

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J’ai fait beaucoup de choses comme des trucs de cul, de nus, de scènes de sexe réelles.

J’ai aussi essayé de me diversifier dans le cinéma en étant assistant réalisateur, j’ai aussi fait de la production et ai été directeur de casting.

Sinon ce qui m’attire au niveau du jeu doit être de l’ordre du challenge.

ST : Pour Les revenants le rôle était moins physique et beaucoup plus subtile

PP : En effet

JD : La difficulté dans le rôle de Simon pour la série, c’était de trouver l’équilibre juste entre les personnages qui allaient expliquer la vie d’Adele.

ST : La différence entre une série et un film ?

PP : On a trouvé un bel enjeu sur le rythme. Sur les Revenants, on était à 4 minutes utiles alors qu’habituellement en série, on peut monter jusque 7-8, 9 minutes. On avait donc un rythme très confortable avec Fabrice qui était très précis. Au cinéma j’ai plutôt  été habitué aux tournages de 4 semaines ce qui est très intense donc ici c’était quand même plus confortable.

ST : Comment s’est passé le découpage du tournage ?

JD : Les scènes étaient « crossbordées » quatre par quatre. C’est-à-dire qu’on tournait tout en rassemblant par décors. On a deux réalisateurs pour deux blocs de quatre. La jonction se situe au milieu du tournage avec les gros décors : Quand Fabrice finit ses fonctions, on commence avec Frédéric Mermaud (second réalisateur). Il y a quand même eu quelques échanges de scènes où Fabrice n’est pas forcement accrédité comme réalisateur.

ST : Pourquoi choisir deux réalisateurs sur l’ensemble d’une saison justement ?

JD : En termes de faisabilité (le processus de production fait dix mois), Fabrice ne pouvait pas tout faire tournage et montage. Il aurait eu besoin de 48 heures par jours. Car lorsque Fabrice termine le tournage de ses quatre premiers épisodes, le montage commence en parallèle. La date de livraison était très proche avec la chaîne.

ST : Le tournage de la saison deux va commencer en mars. As-tu déjà reçu le scénario Pierre ?

PP : Non, j’ai hâte.

JD : Le scénario devrait arriver en janvier.

ST : Tous les comédiens seront de la suite ?

JD : Tous les principaux  (rire)

ST : Personnellement il y en a une que j’adorais, c’était Carole Frank…

JD : Rien ne l’empêche de revenir un jour (rire)

ST : Pour terminer, je voudrais vous féliciter pour le choix musical de Mogwai

JD : Fabrice voulait vraiment quelque chose de très spécifique et il a pensé à eux très vite. Il leur a demandé des maquettes avant le tournage pour orienter un peu les thèmes.

Mais pendant tout le tournage et avant certaines scènes, il mettait la musique sur le plateau.

PP : Avoir déjà le fonds sonore de la scène nous a beaucoup guidé et a aidé à donner des atmosphères.

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Entrevue pour Cinemaniak par Syril Tiar le 16 octobre 2013

Ouvoir.ca

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