Crimson Peak, un conte baroque pour adultes

Retour au baroque pour le réalisateur mexicain Guillermo Del Toro. Un conte froid et macabre dont il ne faudrait rien connaitre avant d’entrer dans la salle obscure ♥♥♥♥

Edith a perdu sa mère en bas âge et elle est convaincue que son fantôme lui rend parfois visite. En vieillissant, la jeune femme rêve d’être écrivaine et elle fait lire son manuscrit à Thomas Sharpe, un séduisant étranger. Ce dernier est de passage dans la région avec sa soeur pianiste Lucille afin d’obtenir de l’argent pour financer ses inventions. Le père d’Edith refuse de l’aider et il voit d’un mauvais oeil qu’un inconnu tourne autour de sa fille unique. Il va même jusqu’à embaucher un proche pour qu’il enquête sur le passé des Sharpe. Mais les flèches de Cupidon ont déjà fait leur effet?

Bande annonce je vous hais !

On le savait depuis maintenant plusieurs fois, la bande annonce de Crimson Peak (2:40) montre tout le film dans un résumé magnifique ! Alors forcément, sur un format de deux heures, aucune surprise ou élément de l’intrigue ne vient s’installer dans la nouvelle narration de Del Toro et c’est fort dommage car le film dispose de l’affiche et de l’esthétisme baroque de Dark Shadows mais il serait plutôt à rapprocher de Sleepy Hollow dans un style légèrement moins fascinant

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Deux ans après Pacific Rim, Guillermo Del Toro signe ici un conte baroque, mature et incontestablement beau. Si le rythme (d’une lenteur incroyable pour un blockbuster américain) peut paraitre suspect dès les premières minutes, il s’explique uniquement par l’envie pour le réalisateur de sublimer ses plans et ne pas mettre dans la bouche du spectateur un long métrage aux moult péripéties.

D’ailleurs ce rythme combiné à un esthétisme exagéré (La Bavière jalouserait sans doute le style proche du Rococo réalisés par Thomas E.Sanders et Kate Hawley) donnent à apprécier des scènes parfois très proches de la mièvrerie. On se dit même qu’il a dû être extrêmement difficile pour une actrice du calibre de Jessica Chastain de jouer ses scènes tant elles sont tout sauf naturelles.

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Le diable est une femme ?

Si la bande annonce en donnait beaucoup trop, le long métrage se regarde toutefois avec délectation.

Edith Cushing, interprétée par l’omniprésente Mia Wasikowska n’est plus vraiment une enfant qui a peur des fantômes; elle s’avère d’ailleurs bien courageuse lorsqu’il s’agit d’affronter et ses démons et les énigmes relatives au manoir dans lequel son perturbant mari (Tom Hiddleston) l’a amené. Elle doit également faire face à une Jessica Chastain incroyable de présence, de méchanceté et … de mièvreries. Le tout cumulé donne un ensemble toutefois très cohérent .

Pour la petite histoire, il faudra annoncer que Mia et Tom n’étaient pas les premiers choix puisque le réalisateur mexicain avait initialement casté Emma Stone et Benedict Cumberbatch…mais le film se monta finalement sans eux.

On regrettera peut-être l’aspect peut-être trop premier degré de Crimson Peak là où Del Toro faisait habituellement dans le sous-texte avec ses réalisations espagnoles (L’échine du diable notamment dont le sous-sol ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de Crimson Peak mais la comparaison s’arrête là)

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S’il avait été raté, Crimson Peak aurait pu être rapproché des Prédateurs, œuvre elle-aussi baroque mais qui dépassait tellement la limite du pathos qu’elle en devenait ridicule. Pour Crimson Peak, Del Toro ose, dose et réussit à sublimer tout juste ce qu’il faut ! A peine une ou deux scènes passent trop loin dans la démesure, et c’est bien peu.

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