Come Back to the Five and Dime, Jimmy Dean, Jimmy Dean

Femmes au bord de la crise de nerf (avant l’heure)

Le 30 Septembre 1975, un fan club appelé « les disciples de James Dean » doit se retrouver dans un diner/magasin général de Woolworth, au Texas, pour honorer le vingtième anniversaire de la mort de l’acteur. Le magasin est à 62 miles de Marfa, où Dean a joué dans Géant, en 1955. Cette nouvelle réunion est mise en reflet avec celle survenue 20 ans plus tôt, et les révélations, confrontations et confessions mettront à l’épreuve les âmes et les amitiés de chacun(e).

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Dans le cadre d’un hommage à Karen Black, icône américaine de sensualité et de vulnérabilité des années 1960 et 1970, devenue culte dans la culture punk, Come back to the five and dime, Jimmy Dean, Jimmy Dean est présenté au FNC en copie 35 mm restaurée. Bijou de culture punk que n’aurait pas certainement renié Pedro Almodovar, ce film a été la première de plusieurs adaptations de pièces de théâtre par Altman dans les années 1980, suite à son départ de Hollywood (après l’échec de son adaptation du comics Popeye).

Robert Altman a mis sa marque sur cette oeuvre, en souhaitant transposer à l’écran le procédé qu’il utilisait dans les représentations de la pièce, à Broadway. Ainsi, un jeu de miroir, techniquement très habile, accentue la portée nostalgique et l’exaltation des sentiments de l’intrigue en mettant en regard ces deux réunions des « disciples de James Dean », à 20 ans d’intervalle. Très osé pour l’époque, ce film interroge les thèmes du féminisme, de l’identité sexuelle, de la religion, de la sexualité, des rêves et des échecs. La distribution, très solide (Sandy Dennis, Karen Black, Cher, Kathy Bates), porte ce film comme un classique injustement oublié du cinéma américain du début des années 1980. Peut-être sentait-il trop le souffre, ce qui expliquerait que Robert Altman l’ait présenté au Canada et en Europe avant d’affronter à nouveau la critique américaine ? En tous les cas, le réalisateur fait preuve d’un réel courage en allant au bout de ses thèmes, entre revendication d’une sexualité féminine assumée avec le personnage de Cher / Sissy (Avant de coucher avec quelqu’un de connu, il faut coucher avec n’importe qui, comme un entrainement pour le grand examen), critique d’un puritanisme imbécile avec celui de Sudie Bond / Juanita (Ce garçon doit être soigné avant qu’il ne devienne un communiste) ou encore rejet d’une religion intolérante avec le personnage de Sandy Dennis / Monna (Si Dieu n’accepte pas ce garçon comme il est, car il l’a créé ainsi, alors ce n’est pas mon Dieu!), tout cela dans un petit village du fond du Texas.

Le Festival du Nouveau Cinéma permet de retrouver ce monument iconoclaste, à la fois hystérique, dramatique et libératoire. Nous ne pouvons que vous encourager à courir en profiter !

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