Charlie Chan

Proche parent de Sherlock Holmes et d’hercule Poirot, Charlie Chan est un détective chinois localisé à Hawaï. Créé en 1925 par l’écrivain Earl Derr Biggers, il est le héros de 11 romans (6 écrits intégralement par Biggers) et de plus de 40 films.

À  l’écran, il fut interprété par Warner Oland, Sydner Toler et Roland Winters. Truffaut disait des interprètes de Chan  ‘’ Warner Oland beaucoup talent, Sidney Toler un peu talent, Roland Winters plus talent du tout’’ parodiant en même temps l’accent ridicule que Winters donnait au personnage. Après le dernier Chan avec Roland Winters (Sky Dragon, 1949) plusieurs tentatives furent faites en vaine de relancer la série. Dans les années ’50 avec Stepover Tokyo à cause de la popularité montante des deux vedettes secondaires, Joan Collins et Robert Wagner, poussèrent les deux producteurs à éliminer Chan de l’intrigue et à recentrer l’action sur Collins et Wagner. Dans les années quatre-vingt, une nouvelle tentative fut encore faite pour relancer la série des Chan avec Peter Ustinov dans le rôle-titre. Suite à l’échec commercial de Charlie Chan and the Curse of the Dragon Queen (1981), aucune autre tentative ne fut intentée.

Des 38 films de Warner Oland (16 films entre 1931 et 1938, dont 4 considérés comme perdus) et Sydney Toler (22 films entre 1938 et 1946) presque tous trouvèrent un public assez nombreux, considérant le peu de moyens avec lesquels ils furent tournés. Revoir Chan aujourd’hui peut-être rebutant pour certains : Chan étant interprété par des acteurs non-asiatiques qui jouent le rôle d’un chinois, parfois de façon assez grossière. Cependant, c’est un immense cours sur le cinéma hollywoodien qui nous est donné: le fonctionnement des studios à l’époque de la gloire d’Hollywood, la mise en avant d’acteurs qui souvent ne trouve que des roles second plan des films de séries ‘A’ et les dialoguistes de deuxième rang ont eu l’occasion de laisser libre cours à leur imagination (le travail des scénaristes a d’ailleurs donner à Charlie Chan de merveilleux jeux de mots, qui sont aujourd’hui souvent plus célèbres que les films desquels ils sont tirés). Mais avant tout, les Chan s’imposent pour leur valeur historique qu’on découvre au fil de ces 38 aventures. Charlie Chan, toujours accompagné de l’un de ses 14 enfants,  fait le tour du monde, visite Berlin en plein jeux olympique de 1936, le canal de Panama, l’exposition universelle de San Francisco, Paris en 1939 à la veille du déclenchement de la deuxième guerre mondiale, Shanghai, l’Égypte, Londres, Monte Carlo… Du point de vu édition DVD, la plupart des films sont magnifiquement restaurés et sont presque toujours accompagnés de courts documentaires toujours pertinents et intéressants.

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Le succès des films de Charlie Chan ont établi un certain prototype du détective asiatique durant les années trente, toujours joué par des acteurs non-asiatiques, entre-autres les Mr. Moto joués par Peter Loore et Mr. Wong par Boris Karloff. Pour l’anecdote, Warner Oland décéda durant la production d’un film et l’interprète du fils no. 1, Keye Luke (à noté que Chan fait référence à ses fils non pas par un nom, mais par un numéro) refusa de continuer à tourner avec un autre acteur dans le rôle-titre. Ainsi, les scénaristes ont du adapter l’intrigue pour remplacer le rôle de M. Chan par celui de Mr. Moto qui se voit lui-même assister dans son enquête par le fils de Chan.

Laurent

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