Ce qu’il ne faut pas dire

Québec, 2015

Note:★★

Certains films déroutent part leur forme, non pas que Ce qu’il ne faut pas dire soit complexe, mais la réalisatrice Marquise Lepage, loin d’en être à son premier essai, ne semble pas très claire quant au ton qu’elle souhaite donner à son œuvre.

L’histoire, plutôt simple, suit les mésaventures amoureuses d’Annick qui enchaîne les relations, incapable de construire quoi que ce soit dès que la personne lui dit « je t’aime ». Rejetant en bloc ces quelques mots cruciaux qui lui rappellent tous les êtres chers qu’elle a perdu, elle se sent responsable de leur mort et s’interdit alors toute relation sérieuse de peur de perdre à nouveau l’être aimé.

Pour apporter une touche positive et sûrement drôle à l’ensemble, la réalisatrice insère des séquences en flashforward des proches d’Annick qui témoignent de leurs sentiments sur elle ou ses déboires amoureux. Ce n’est pas sans rappeler la formule déjà utilisée par Nora Ephron dans Quand Harry rencontre Sally mais sans la fraîcheur et l’humour incisif. Car c’est bien là le problème, les ressorts comiques ne prennent pas et on sort perplexe quant au rythme que la réalisatrice a voulu insuffler a son film. Il faut dire que l’emphase est tellement mise sur le passé douloureux d’Annick que l’on est pris d’empathie pour ce personnage, le spectateur est alors dans l’impossibilité de se tourner vers le rire. Certes, un effort est à noter au niveau de l’esthétique et du choix des couleurs à dominante rouge (couleur de l’amour, le thème principal du film) mais là encore, tout est appuyé à outrance comme ces plans sur les nuages.

Avec un titre comme Ce qu’il ne faut pas dire, on se dit que l’auteur aurait gagné à être plus dans la demi-mesure et surtout moins bavarde avec une utilisation excessive de la voix-off qui vient gâcher de belles images qui parlaient d’elles-mêmes. On sent bien l’émotion, elle est là, palpable, mais la forme dessert malheureusement le propos de ce film qui se perd trop souvent en explications. Le film apparaît alors bien maladroit malgré les intentions louables et sincères de l’auteur.

Durée: 1h25

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