Café de flore

Un film ambitieux d’une poésie rare mais dont la complexité de la forme perd parfois le spectateur

L’histoire : Montréal 2011 : Antoine est dj et il vit le grand amour avec Rose.♥♥♥ Son métier l’amène à mixer dans de nombreuses villes à l’international telles que Londres ou Barcelone; qu’elle est belle la vie de jet setter ! Doté d’un métier plutôt commun donc, Antoine éprouve néanmoins de la difficulté à élever ses filles qu’il a eues avec Carole dont il est aujourd’hui séparé 

Paris 1969 : Jacqueline élève seule un enfant handicapé : Laurent. Elle est coiffeuse, mais qu’importe, c’est son amour pour Laurent qui compose sa vie faites de balades, d’accompagnement à l’école et de poussées de balançoire.

C’est sur ce pitch qui sent bon le pathos (et dont on ne saisit pas vraiment le lien entre les deux histoires au prime abord) que l’on court voir Café de Flore à la fois pour faire confiance à Jean Marc Vallée (à qui l’on doit LA fierté québécoise C.R.A.Z.Y.) mais également pour voir Vanessa Paradis dans un rôle très simple et émouvant. Le résultat est un ovni comme on en voit rarement dans le cinéma d’aujourd’hui.

En effet, le film est un « exercice de style » bien difficile à suivre (et digérer) pendant la première heure…un petit côté élitiste ainsi que le traitement de l’image et de la musique en font une belle œuvre d’art certes stylistiquement intéressante…mais aussi assez peu abordable (tellement ils relèvent des fantasmes du réalisateur). A se demander si Jean Marc Vallée ne voulait pas créer une distance avec le spectateur.

Pour ceux, même les plus réticents, qui se laisseraient donc emporter au bout de cette première heure, la suite laisse entrevoir pourtant quelques surprises :

Tout d’abord le scénario commence à se construire et la mise en abîme, longue, du départ nous a rendus plus sensible à cette histoire.

Ensuite, que l’on soit spirituel ou non, le film porte véritablement un joli message… avec un couple principal qui transpire le désir (peut-être trop parfois au risque d’en devenir insignifiants en tant que personne) et la passion. Les dialogues, s’ils sont rares, empêchent à mon sens vraiment l’empathie nécessaire pour l’ensemble des personnages. Point de Pathos dans la partie de 1969, beaucoup de flou artistique laissé dans la partie de 2011 (qui sont-ils, que font-ils, qu’aiment-ils ? on en sait le minimum)…

Enfin les références vont bon train entre le présent et le passé : à titre d’exemple Le tatouage derrière la nuque d’Antoine et l’étoile que fait Carole avec les pierres de ses colliers lorsqu’elle se réveille sur le plancher, c’est la même étoile que l’on voit du haut de l’escalier où vivaient Jacqueline et Laurent. D’autres détails nombreux ne se saisissent pas forcement au premier coup d’œil mais ils ajoutent à cette œuvre une dimension particulière.

Jean Marc Vallée a composé son film comme une œuvre d’art donc avec ses forces et ses faiblesses mais avec toutefois beaucoup de soin. Globalement le film est une réussite.

L’ambition affichée du film n’est pas submergée complètement par sa complexité graphique et musicale. Toutefois, elle en créé une distance réelle qui nous empêche de sombrer dans l’émotion : Parfois ce sont les histoires simples qui peuvent aussi être les plus belles !

 

 

Ouvoir.ca

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