Boule et Bill

Pas Woof !  ♥

En 1976, pour l’anniversaire de leur fils (Boule), une famille adopte un cocker, Bill. Très enjoué et rusé, celui-ci commence à faire gaffe sur gaffe. La famille déménage ensuite sur Paris et    les réels ennuis commencent.  

L’adaptation d’une bande dessinée ultra-connue n’est jamais aisée : vouloir être fidèle à tout prix et chercher une ressemblance quasi-formelle avec le support dessiné ou prendre plus de liberté et risquer d’être accusé de trahir l’œuvre originale. Alexandre Charlot et Franck Magnier réussissent ici à ne plaire ni aux uns ni aux autres !

On ne retrouve ni ne reconnaît les caractéristiques des personnages : on cherche à donner une épaisseur et une importance aux parents (Franck Dubosc et Marina Foïs), archétypes du père et de la mère dans la série, qui ne servaient qu’à mettre en valeur les héros ; le doublage de Manu Payet (voix de Bill), en complet décalage, semble être resté dans un l’humour très contemporain de    Kung-Fu Panda ; le lien comique et fraternel entre les deux héros ne transparaît jamais à l’écran et les personnages secondaires sont quant à eux balayés en une scène à la fin du film (Pouf, l’ami de Boule, Madame Stick et son chat, Caporal) et perdent de ce fait tout intérêt et justification.

Parfaitement artificielle aussi est la reconstruction du contexte des années 1970 : avec une accumulation infinie d’éléments marquants de l’époque au lieu de suggérer et de mettre en place une atmosphère générale. Tout est dans la surcharge, ce qui rend le tout éminemment artificiel et indigeste (dès le générique, monument de kitsch et de laideur). On comprend bien les écueils sur lesquels se sont échoués les réalisateurs : justifier l’emploi de deux acteurs connus en leur donnant l’importance que n’a pas leurs personnages, donner vie à des animaux (un chien et une tortue)   « anthropisés » sur le papier et joués ici par de vrais animaux ; passer d’un format de courtes histoires rythmées, publiées dans le magazine de bande dessinée belge Spirou, à une seule histoire dans un long-métrage en prise de vues réelles et essayer susciter la nostalgie pour plaire aux parents tout en proposant des gags et un humour adressé aux enfants.

Une fois encore, ni l’un ni l’autre ne fonctionne…

 

Écrit par :

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *