Lee Daniels’ The Butler (Le majordome)

On sait depuis un moment Lee Daniel préoccupé par la condition du peuple noir…Inutile de rappeler Precious; The Paperboy apportait lui aussi sa réflexion sur la condition négrière, tout comme la production d’ A l’ombre de la haine qui valut à Hale Berry l’oscar. !

Aujourd’hui il se lance dans un Butler/majordome certes louable mais qui ne fera d’ombre aux œuvres de Spielberg ou Spike Lee. ♥♥½

 

Ayant appris le métier de majordome en bas âge suite au décès de son père, Cecil est devenu un homme respecté, marié et père de deux enfants, à une époque où les Noirs n’avaient pas les mêmes droits que les Blancs. Depuis qu’il travaille à la Maison-Blanche, on lui a demandé d’être apolitique et de se contenter de répondre aux exigences des présidents. De Dwight D. Eisenhower à Ronald Reagan, il a été fidèle au poste, négligeant parfois sa famille, dont son fils aîné qui combattait directement sur le terrain pour améliorer le sort de sa communauté.

Si le scénario est basé sur l’histoire d’Eugene Allen, on se demandait bien comment le réalisateur engagé allait réussir à évoquer 60 ans de la vie d’un majordome en 2h10 sans tomber dans l’anecdote sans traitement…

Alors oui, voir défiler les présidents est un plaisir coupable. Mais le tout manque au final cruellement de saveur.

Pourtant son intérêt de la double narration se tient … tel un clin d’œil qui durerait un gros deux heures.

Sans dire que le film n’en vaut pas le détour, il ne fait pas preuve de grande prise de risque…surtout il reste constamment dans des lieux communs qui pourraient bénéficier aux acteurs… Mais non ! Lee Daniel a beau s’entourer savamment (la photo est toujours ultra travaillée)…la direction artistique est cette fois-ci tellement chargée qu’aucune réelle empathie ne s’exerce entre le spectateur et les personnages.

Le cast est exceptionnel : Melissa Leo & Robin Williams sont les Eisenhower, James Mardsen et Minka Kelly sont les Kennedy, Alan Rickman et Jane Fonda sont les Reagan, Liev Schreiber le président Johnson et surtout John Cusack le controversé Nixon.

Ajoutons à cela les stars Lenny Kravitz, Mariah Carey et Oprah Winfrey et vous disposerez de ce qu’on appelle un casting trois étoiles ! Mais à force de vouloir toucher par son propos, Lee Daniel compose un film sobre, classique mais sans une marque de sympathie façon The Help.

On le préfère d’ailleurs nettement dans le subversif type Paperboy… plutôt que dans la sobriété.

Voici ici une bien jolie fresque, mais dont on ne devrait pas parler bien longtemps.

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