Greta Thunberg, sors de ce corps !
Jeanne “Thunberg” : au nom de la mère, de la fille et de la France


Greta Thunberg, sors de ce corps !

Il y a des livres ou des films que l’on rencontre à des périodes particulières et qui résonnent étrangement en nous. Kuessipan est l’un d’entre eux.

Un Dolan sans surprise dans les thèmes peut-on lire à loisir dans la presse, un cinéma nombriliste qui rabâche les obsessions d’un réalisateur qui nous avait habitués à mieux. Mais ce que le film réussit, ce qui filtre entre les tics de réalisation, entre les manques de subtilité, c’est l’honnêteté d’un romanesque.

On ne meurt d’amour qu’au cinéma.

À travers une économie de moyens qui soutient solidement son projet esthétique, Depardon saisit le temps qui passe : les lieux sont les mêmes, les gestes aussi. Les inquiétudes également. Et c’est cette conscience du temps qui devient épais sur la pellicule. Le temps chez Depardon est un personnage autant que ses sujets.

Cris, sueurs, confrontations, drogue, égo, larmes, hystérie, disputes et paillettes noires. Tout y est. Et en grande quantité.

Trois personnages pour trois tableaux, présentés par le réalisateur. Un dénominateur commun évident soude ce triptyque : l’éveil à l’amour. Et ses conséquences.

Porté par un casting fort, À tous ceux qui ne me lisent pas donne envie de découvrir les textes de Boisvert. D’embarquer dans sa fulgurance qu’on devine sans l’éprouver malheureusement.