Auteur : Alexandre Blasquez

Les flashbacks insistants et les effets de montage alternant percussions et violences conjugales lors de la nuit de noce sont autant d’éléments qui amoindrissent le sujet et le rendent  plus mielleux. Lesté d’un vocabulaire cinématographique appauvri, le film mise alors tout sur son récit terriblement attachant et ses acteurs, pour la plupart non professionnels, conférant à l’œuvre une crédibilité indéniable.

Entre humour grinçant et critique acerbe du monde moderne, le cinéaste ne ménage pas le spectateur. A tort, il privilégie, un rythme lent dans le but de mettre en relief les travers d’une société occidentale à la dérive. Ainsi, le récit apathique et décousu annihile toute intensité dramatique qui n’apparaît qu’à de rares moments. Les ruptures de ton qu’insuffle le réalisateur à son propos sont alors autant de moments drôles et caustiques que de malaises qui raidissent le spectateur au fond de son siège.

C’est un au revoir tendre et sincère que nous livre Solveig Anspach. À 54 ans, celle qui se battait contre le cancer et gagnait la partie dans Haut les cœurs, son premier film autobiographique, a finalement raccroché les gants après plusieurs combats. Malgré la maladie, sa plus belle victoire aura surement été d’accoucher de projets cinématographiques à son image, empreint d’une fantaisie et d’une douceur de vivre communicative. Dorénavant, il faudra parler d’elle au passé, tourner la dernière page d’un livre que l’on ne souhaite pas refermer. Solveig Anspach nous quitte sur une note joyeuse, laissant derrière elle un cinéma atypique et haut en couleur, qui continuera encore longtemps de faire rêver l’enfant qui sommeille en chacun de nous.

Il est de ces réalisateurs qui n’ont de cesse d’intriguer et de surprendre à chaque nouvelle offrande. Si le climat oppressant et délétère de Loveless peut en rebuter certains, le film n’en demeure pas moins captivant et intriguant. Le voyage intérieur que nous propose Andrey Zvyaguintsev, riche d’enseignements, est à la hauteur de son talent d’une abrupte sincérité qui s’est à juste titre mérité le Prix du Jury au dernier Festival de Cannes.

Dans ce film choral, tous les personnages ont un rôle important à jouer : des stripteaseuses aux femmes de ménage, en passant par les agents de sécurité jusqu’à la journaliste sur le toit. Tout ce beau monde cohabite dans un huis clos étouffant où Lamija sert de passerelle, à la fois humaine et hiérarchique, entre les différents étages de la bâtisse. Se dessinent alors des différences sociales entre les protagonistes que le réalisateur questionne au moyen d’une caméra intrusive en perpétuel mouvement qui ne laisse aucun répit au spectateur. Rappelant la folie circulaire sans fin de L’enfer, un précédent film, Danis Tanovic utilise une fois de plus la technique pour aliéner ses personnages déjà aux prises avec leurs tourments intérieurs.

19 septembre 2016 / / On défriche

Dolan est volubile, il tombe souvent juste, mais il n’a malheureusement pas encore trouvé la manière de le faire en toute simplicité. On pardonnait à J’ai tué ma mère la naïveté et l’insouciance d’une première œuvre qu’on imputait aux maladresses d’un débutant. Seulement, après 5 films, le risque est de lasser un auditoire qui a peut-être encensé trop vite un réalisateur conforté dans l’image que l’on a de lui. Car malgré des débuts prometteurs, Dolan n’a rien inventé.

13 septembre 2016 / / Cinémania

Malgré son jeune âge, Audrey Estrougo réalise avec La taularde, son quatrième film sur la condition féminine en milieu carcéral. Elle a bâti une prison où elle s’est elle-même enfermée à coups de clichés plus attendus les uns que les autres. Et c’est bien dommage.

7 septembre 2016 / / On défriche

Moins politisé que son cousin Made in France, Les cowboys surprend par son sens du spectacle et de l’épique, notamment dans l’utilisation des codes du western. On pense, entre autres, à la magnifique scène en contre plongée où Alain et son fils sont poursuivis sur des toits de HLM par des barbus qui s’apparentent ainsi à des Indiens sur leurs collines.