Welcome to New York

Le film adapté de l’affaire : A voir si vous n’aimez pas le cinéma ! ♠

Devereaux est un homme puissant. Un homme qui manipule au quotidien des milliards de dollars. Un homme qui contrôle la destinée économique des nations. Un homme gouverné par un irrépressible et vorace appétit sexuel. Un homme qui rêve de sauver le monde et qui ne peut se sauver lui-même. Un homme terrifié. Un homme perdu.
Regardez-le tomber.

Avant tout, la question importante soulevée par Welcome to New York est de savoir pourquoi le réalisateur (et l’acteur Gérard Depardieu) choisirent de manière délibérée de réinterpréter une certaine réalité (ou plutôt fausse réalité) quant à l’affaire dont elle est inspirée…  Nombreuses sont les zones d’ombre qui existent dans cette affaire et il y a comme un inconfort à voir Ferrara prendre des libertés avec sa mise en abîme. Certes, un auteur doit prendre parti et faire des choix, toutefois on peut regretter combien le réalisateur condamne durant tout son film son personnage principal en salissant au combien la vie du protagoniste et en ne s’intéressant qu’à des aventures graveleuses.

Au-delà de cela, il est bien délicat de subir le spectacle de Welcome to New York, la faute à un scénario qui va chercher dans les rubriques chiens écrasés sans vraiment chercher ailleurs que ce que le grand public sait déjà… (Isabelle Adjani a d’ailleurs tellement trouvé le scénario mauvais qu’elle a jeté l’éponge quant au rôle de Simone sept jours avant le début du tournage)

Le résultat tient en un détachement complet du spectateur; A ce niveau, un documentaire aurait été bien plus instructif, mais là encore n’était pas le souhait d’Abel Ferrara qui semble se frotter les mains depuis le début d’un sujet aussi subversif.

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Et que dire des choix artistiques allant de l’assombrissement de l’ensemble des scènes jusqu’aux monologues de la fin révélant de la psychanalyse de comptoirs et qui, déblatéré par un Depardieu à la limite du ridicule, sonnent incroyablement faux…

La justesse justement ? C’est exactement ce qu’on peut reprocher en majeure partie à Ferrara qui dirige ses acteurs de la pire manière : Depardieu prenant un malin plaisir à imiter les pires individus lorsque le personnage de Bisset est surécrit sans aucune dignité…On frise souvent la pantalonnade de comptoir !

Il y a pire que l’ennui face à un film d’Abel Ferrara, il y a aussi le fait de plaindre à la fois l’équipe ayant œuvré pour un travail pareil mais également les protagonistes l’ayant inspiré (Anne Sinclair ayant fait part de son « dégoût » pour l’œuvre du réalisateur). Il n’y avait sans doute aucun moyen d’adapter une affaire telle que celle-ci…Ferrara aurait vraiment du s’abstenir !

Ouvoir.ca

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