The homesman

Coeurs désertés – ♥♥♥♥

En 1854, trois femmes ayant perdu la raison sont confiées à Mary Bee Cuddy, une pionnière forte et indépendante originaire du Nebraska. Sur sa route vers l’Iowa, où ces femmes pourront trouver refuge, elle croise le chemin de George Briggs, un rustre vagabond qu’elle sauve d’une mort imminente. Ils décident de s’associer afin de faire face, ensemble, à la rudesse et aux dangers qui sévissent dans les vastes étendues de la Frontière.

the homesman_affiche2Sous des faux-airs académiques, Tommy Lee Jones adapte le roman « Le Chariot des Damnés« , de Glendon Swarthout. Le rythme du film ressemble aux paysages du Nouveau-Mexique : par moments âpre, aride et déserté d’humanité, mais aussi égayé par des bribes de beauté qui font vivre l’espoir, au moins pour un temps. Les grandes bourrasques de vent et de neige ne manqueront pas de vous souffler voire de vous glacer d’effroi devant tant de désenchantement.

Ode aux femmes, à leur place dans le far-west et à leur résistance, il mise pour cela beaucoup sur la misandrie en forçant un peu trop le trait : tous les hommes y sont pleutres, égoïstes et misogynes. La violence, omniprésente dans les rapports humains dans ce Far west où seule règne la force pour survivre et exister. Le tableau que peint le réalisateur de la folie, qui touche tous les personnages, à des degrés divers, est très intéressant et original. Rempart contre la violence, elle s’impose aux trois femmes, comme dernière résistance à la disparition.

Hilary Swank est véritablement impressionnante de femme forte, triste, rude et autoritaire, mais pragmatique et généreuse, gérant seule son ranch et rêvant de compagnie et de musique. Son duo avec Tommy Lee Jones – jouant sur un registre tragi-comique – fonctionne parfaitement. L’interprétation de chacun est au cordeau et les apparitions, dans des scènes superbes de maîtrise et de concision, de Tim Blake Nelson, James Spader et Meryl Streep, méritent à elle seules l’intérêt.

En mélangeant les genres, Tommy Lee Jones, fait de ce film un objet original et unique : il prend à contre-pied le western, en multipliant les thèmes, en critiquant la conquête de l’ouest et en proposant une sorte de road-movie teinté de survival et de fable pastorale, le tout dans une mise en scène magnifique. À noter aussi la superbe mise en musique, troisième collaboration entre le compositeur Marco Beltrami et Tommy Lee Jones après Trois enterrements et The sunset limited.

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