Sarah préfère la course

Du cinéma québécois indé de bonne facture ♥♥♥♥
Sarah est une jeune athlète de course de demi-fond.Sa vie bascule lorsqu’on lui offre une place dans le meilleur club d’athlétisme universitaire de la province à Montréal, loin de sa banlieue natale de Québec. Sarah ne bénéficie pas du soutien financier de sa mère pour se lancer dans l’aventure. Celle-ci s’inquiète surtout des conséquences d’un tel changement sur la santé et la vie de sa fille. Déterminée, Sarah quitte tout de même pour la ville, en compagnie de son ami Antoine. Les deux, naïfs, s’épouseront, question de toucher de meilleurs prêts et bourses du gouvernement. Le mariage ne sera pas ce qu’ils espéraient, du haut de leurs 20 ans… Elle ne veut faire de mal à personne par ses choix, mais malheureusement, Sarah préfère la course.
                                         
Voici un voyage initiatique.
Au travers son premier long métrage sélectionné la semaine dernière au Festival de Cannes dans la catégorie Un Certain Regard, Chloé Robichaud aborde avec élégance la question de la construction personnelle. Même si elle intervient tard dans le processus du passage à l’âge adulte, cette évolution semble indispensable au personnage de Sarah interprété par Sophie Desmarais (qu’on préfère grandement dans cette sobriété).
Aussi, si l’héroïne préfère la course, la réalisatrice québécoise choisit, lentement et avec précaution, la douceur à la violence et l’émotion à la neutralité. Pourtant ce n’est qu’au détour d’un regard ou d’une chanson que cette même émotion devient palpable. Avant et après, le vide et le calme s’installe comme par soucis de ne commettre aucun impair. C’est un choix risqué d’imposer un rythme  narratif difficile…aux antipodes des schémas habituels de films (hollywoodiens notamment)
sarah
Chloé Robichaud, dont c’est ici le premier long après un excellent court, « chef de meute », déjà sélectionné à Cannes, porte une grande tendresse sur son personnage principal mais ne tombe jamais dans la sentimentalité. Avec un soin particulier accordé aux cadrages et à la musique (à la limite de la démonstration parfois), Sarah préfère la course réserve de très jolies scènes (comme cette scène de karaoke sur une chanson de Diane Dufresne) même si le traitement du film semble marqué par une symbolique trop étudiée.
A l’instar de sa couleur principale, voici un  film gris mais élégant qui en déroutera plus d’un mais viendra chercher l’émotion de beaucoup d’autres.
C’est un film qui vous accompagne longtemps !

Ouvoir.ca

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