Courts métrages compétition 2016 [RVCQ]

Ayant eu la chance de voir une panoplie de très bon courts métrages québécois en compétition dans le cadre des RVCQ 2016, cet article vous propose d’aborder quelques uns d’entres eux, de très bons!

LES CHIENS NE FONT PAS DES CHATS de Cristina Martins (15 minutes)

LesChiens_1La famille, ce resteras toujours la famille. Parfois, les membres s’éloignent, mais lorsque la vie donne la change de renouer avec l’un d’entre eux, on ne peut que la saisir. Avec la belle et vraiment très bonne Sarah-Jeanne Labrosse, et un Martin Dubreuil qu’on voit trop rarement, ce film raconte les retrouvailles d’une fille et de son père.

Enceinte, Joëlle n’a plus de demeure. Elle débarque alors sans invitation chez son père Jeff, un marginal solitaire issu de la culture punk qui connaît à peine sa fille. (RVCQ)

Même si le temps a atténué quelques familiarités, quelques connaissances de l’autre, et même si la solitude de Jeff est devenue routine confortable, la seule présence de sa fille réveille en lui les souvenirs d’une époque où la liberté et les revendications étaient ses principales passions. Ces quelques souvenirs qu’il partage avec sa fille crée le lien qui sera nécessaire pour affronter cet accouchement, non pas seule, mais bien ensemble car la révolution ne se fait pas seul!

MIZBRÜK de Daniel Duranleau (16 minutes)

Mizbruk_1Court métrage d’une exquise et exceptionnelle qualité cinématographique, à la fois par sa mise en scène maitrisée, par la justesse de ces jeunes acteurs, mais aussi par par cette apparition magnifique qu’est ce fameux Mizbrük.

Par une nuit d’automne, Julie reçoit la visite d’une créature sordide. Ébranlée, la jeune fille trouve refuge dans les bras de son grand frère Félix, à qui elle demande de l’aide.

C’est assez beau de voir cet aide qu’apporte le grand frère à sa petite soeur terrifiée. Au début ironique, il la protège réellement lorsqu’il prend conscience de la terrifiante et réelle présence de cette créature. On ne peut certainement pas nier que les effets visuels de cette créature sont à couper le souffle. Elle est si bien réalisée qu’on en vient à se demander pourquoi on ne fait pas plus de films fantastiques au Québec, le talent est définitivement là! La preuve que les effets numériques ne sont pas toujours le meilleur choix visuel! Bref, ce film, par son efficacité narrative et visuelle se distingue vivement d’une majorité de films qui se retrouvent en compétition cette année. Réalisateur à suivre que ce Daniel Duranleau.

LE ROI DE LA MONTAGE de (mon collègue et ami) Anh Ming Truong (21 minutes)

RoiDeLaMontagne_1Ce court métrage dégage une puissance symbolique extrêmement forte.

C’est la dernière journée de l’été. Pour Jo et Jay, deux adolescents, ce sera une autre journée à flâner et se défier au jeu du « roi de la montagne ». 

Jo est définitivement le roi de la montagne. Il est en quelques sortes un modèle pour Jay qui, angoissé à l’idée de quitter la ville pour le Cégep, finit par voir en Jo le rejet de stress selon lui inutile. Car Jo lui, a su se désister avant que ces «loosers» du Cégep lui apprenne trop de nouveau vocabulaire. Parce Jo est cool. Parce que Jo, personne ne l’arrête. Parce que Jo n’a peur de rien, il est un gagnant. Mais Jo sait très bien au fond de lui que quelque chose cloche. Il sait qu’il ne pourra probablement jamais réaliser de grandes choses pour enfin «sortir d’ici». Mais l’exprimer et l’assumer devant autrui est une autre paire de manches. Il ne lui reste qu’à courir car après tout, il est le roi de la montagne.

 

NEVER HAPENED de Mark Slutsky (8 minutes)

NeverHappened_1C’est fascinant comment ils ont réussis, de manière ingénieuse et drôle, à injecter une part de fantastique dans cette histoire, partant de l’expression comme si de rien n’était.

Lorsque deux collègues ont une liaison pendant un voyage d’affaires, ils décident qu’il serait probablement mieux que rien ne se soit jamais passé.

Dans ce court, les protagonistes synchronisent une application de leur téléphone qui provoque un effacement de leur liaison, dans chacun des deux cerveaux, comme si de rien n’était. Mais le dos de l’homme porte encore les traces de cette rencontre. Le professionnalisme de cette production est indéniable. Mais c’est définitivement le jeu des acteurs ainsi que la narrativité construite en flash back qui nous entraine dans cet habile finale, où le sourire a envahit chaque visage de la salle de projection.

 

VIADUC de Patrice Laliberté (19 minutes)

Viaduc_1Certainement l’un des meilleurs court métrage projeté cette année dans le cadre des compétitions, Viaduc frappe droit au coeur avec une finale bouleversante.

Une nuit, Mathieu, 17 ans, se rend à un viaduc pour y faire un graffiti.

Le film commence très rapidement avec un jeu homme déterminé qui, se suspendant à l’aide d’une planche de bois sur un viaduc donnant sur l’autoroute, fait un graffiti alors que plusieurs automobilistes le klaxonnent. La police débarque mais il réussit, grâce à sa vitesse et son agilité, à les semer. Le lendemain, sa mère n’insiste pas sur l’heure à laquelle il est rentré la veille, elle lui demande seulement d’être présent pour aller chercher son frère à l’aéroport dans l’après-midi. Lorsqu’ils se rendent à l’aéroport, on comprend que son frère a été tué pendant une mission de l’armée. Et c’est sur l’autoroute au retour de l’aéroport que l’on aperçoit le graffiti qu’il a fait la veille. Il est inscrit «Ciao Bro». Lorsque Mathieu voit son oeuvre, il est extrêmement fier. Son père voit aussi le graffiti et il regarde son fils dans le rétroviseur. Il pleure. Il sait que c’est Mathieu. Il est fier de son fils aussi. Histoire bouleversante, excessivement bien écrite, bien jouée. Tout y est pour faire de ce court métrage une oeuvre touchante et fascinante. Un autre réalisateur à suivre.


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