Mandela: Long Walk to Freedom (un long chemin vers la liberté)

Nelson Mandela pour les Nuls – ♥♥½

Nelson Mandela ouvre à Johannesburg le premier cabinet d’avocats noirs et devient un des leaders de l’ANC. Son arrestation le sépare de Winnie, qui le soutiendra pendant ses longues années de captivité et deviendra à son tour une des figures actives de l’ANC. Après 27 ans derrière des barreaux, il deviendra le premier Président de la République d’Afrique du Sud élu démocratiquement.

Mandela_affiche

Vouloir adapter l’autobiographie de Nelson Mandela en 139 minutes était un pari très risqué, auquel s’est attaché Justin Chadwick (Deux soeurs pour un roi). Plutôt qu’un film historique réaliste, attendez-vous à un biopic « à l’américaine », avec ralentis sur quelques notes de pianos, rêveries surexposées, musique débordante et personnages plus taillés pour bien passer à l’écran que pour chercher une réelle crédibilité. On retrouvera cependant les étapes majeures de la vie de Madiba, depuis les terres de Qunu jusqu’à son accession à la présidence de la république sud-africaine en 1994, en passant par son métier d’avocat à Johannesburg (1942), son entrée dans la clandestinité avec l’ANC pour lutter contre l’apartheid (1962) et ses 27 ans d’emprisonnement. On suit les grands évènements historiques (fusillade de Sharpeville, procès des membres de l’ANC, emprisonnement à Robben island puis à Pollsmoor, massacre de Soweto) et on ne fait pas abstraction des défauts du personnage (infidélités, violences domestiques, père distant), mais le scénariste William Nicholson noit malheureusement un peu le contexte et la clarté de la reconstitution en choisissant, pour convenir davantage à un style cinématographique, de suivre en parallèle les évolutions de Nelson Mandela vers une réconciliation nationale par le pardon et de sa femme Winnie, aveuglée par ses envies de vengeance et sa justification de la violence. C’est d’autant plus gênant que Naomie Harris n’est pas crédible une seule minute pour incarner Winnie Mandela. Très « américaine » et par son physique et par son langage corporel, elle semble résumer son incarnation de l’ex-femme Mandela en fronçant les sourcils et serrant la mâchoire. Idris Elba, sans être extraordinaire de conviction, nous fait entrer dans l’Homme Nelson Mandela et ses tourments. Seules les scènes de foules, avec des figurants véritablement sud-africains, permettent de revivre l’âme vibrante de la nation « arc-en-ciel ». Alors évidemment, le contexte récent jette une lumière toute particulière sur ce film, qui reste intéressant si l’on ne sait rien de l’histoire de l’Afrique du Sud, mais si l’on veut davantage comprendre la portée de cette icône du XXème siècle, mieux vaudra vous plonger directement dans son autobiographie, dont est tiré le film.

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