Is the man who is tall happy (Conversation animée avec Noam Chomsky) ?

Un film sans grande profondeur, mais à l’approche ludique et résistible. ♥♥♥

D’entrée de jeu, c’est un film qui s’adresse davantage aux amateurs de Gondry qu’à ceux de Chomsky. En effet, le réalisateur de Science of Sleep et de Eternal Sunshine of a Spotless Mind, avec une animation ludique et enfantine, mais qui somme toute fait toujours mouche, mets la table pour un récit léger, en surface, qui s’attarde davantage aux étapes de la vie de l’homme qu’à celle de ses idées. On parlera des jalons de son parcours, de certains événements de sa vie, mais si vous vous attendez à des exposés sur l’impérialisme américain ou de ses tendances anarchistes, vous serez déçu. De toute manière, il aurait été vain de tenter de résumer la pensée titanesque de Chomsky dans un film. ;  mieux vaut pour cela lire Manufacturing Consent ou Hegemony or Survival.

Dans ce cadre, l’ambiance dictée par l’animation de Gondry est dès plus adéquate. L’intérêt ici réside dans l’échange entre Gondry et Chomsky ; pas l’échange verbal, mais davantage la réponse donnée par l’animation de Gondry aux propos de Chomsky. Avec les talents de vulgarisateur que l’on connaît du célèbre linguiste, la méthode Gondry s’applique à merveille. Notre attention alterne entre l’artiste et l’intellectuelle ; on  sent que les deux hommes sont aux antipodes pour beaucoup de choses, mais un respect mutuel s’installe. Même si Gondry admet à plusieurs reprises avoir de la difficulté à suivre (notamment en raison de son anglais laborieux) il l’expose avec une telle candeur que l’on sourit toujours avec lui.

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Au bout du compte, le problème reste que l’on a peu à se mettre sous la dent. On salue l’approche audacieuse et le caractère irrésistible de l’ensemble, mais il y a peu de matière pour creuser davantage, un problème récurent du cinéma de Gondry d’ailleurs ; qui se drape trop souvent d’un tape-à-l’œil wes andersonien malhabile. Les idées sont certes toujours lumineuses, mais s’essoufflent trop souvent avant la fin du long-métrage (Be Kind Rewind, Human Nature…). Néanmoins, il s’agit tout de même de l’un de ses coups les plus réussis qui aura le mérite de faire découvrir l’artiste et l’intellectuel bien connu sous un angle rafraichissant et sympathique.

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