La vie d’Adele

Oublions quelques instants les polémiques relatives aux plaintes de l’équipe technique. Oublions les propos de Lea et Adèles envers leur réalisateur (et réciproquement) ainsi que cette Triple Palme d’or décernée à la fois au film et aux deux actrices et essayons de juger le film comme un objet neutre.♥♥♥♥♥

Le cinéma de Kechiche s’inscrit admirablement dans le réalisme actuel. Pour raconter une histoire, il choisit un visage neuf inconnu du grand public (Sarah Forestier et Hafsia Herzi ont eu cette chance autrefois), Adele Exarchopoulos, et il raconte alors son histoire.

L’histoire d’Adèle est simple.

Elle a 15 ans lorsque sa vie bascule à la vue d’une jolie jeune fille aux cheveux bleus. Une fois rencontrée, elle ne pourra contenir son attirance et découvrira avec elle le désir qu’elle ne trouve pas avec les garçons.

Librement inspiré du Bleu est une couleur chaude de Julie Maroch, La vie d’Adele tient avant tout grâce à la fraicheur et les yeux de son interprète principale : Adele Exarchopoulos.

Adèle (le personnage) est dans le ressenti, la simplicité lorsque Emma est dans l’intellectualisation, l’artistique et cherche à s’élever, se réaliser. Emma est ambitieuse et souhaite trouver sa voix. Adele au contraire est pragmatique, souhaite trouver un travail et être utile aux autres.

Entre elles, forcément, un gouffre finira par se creuser…immortalisé dans le film par cette très belle scène de soirée où tous les amis de la peintre seront invités à manger et célébrer… Dans ce moment de joie et d’allégresse, Kechiche réussit à capter toute la détresse de la belle Adèle livrée seule à son absence de culture. Elle qui vivait jusqu’alors à travers Emma devient alors influençable au monde qui l’entoure…

S’en suis alors la seconde partie plus dramatique, plus dans l’émotion. Belle toujours… Mais qui ne prend finalement pas complètement aux tripes… et les dialogues simplistes semblent ne pas avoir complétement de portée…

Même la scène de retrouvailles manque légèrement de saveur comparativement à tout ce que le spectateur a pu vivre jusqu’à présent (Kechiche est passé maître dans la chronique lycéenne)

En reste toutefois un film superbe dont les trois heures passent bien plus vite qu’on ne pense avec une représentation cruelle de la fin de l’adolescence et qui fait un écho bien réel aux diverses manifestations de l’année en cours… La Palme quoi !

Ouvoir.ca

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