Gus Van Sant

Parmi les cinéastes américains en exercice, Gus Van Sant fait partie du groupe des surdoués, avec plusieurs films phares (My Own Private Idaho, Good Will Hunting, Elephant, Milk,…) il a su créer une œuvre qui lui a donné le respect de la critique et du publique…

Gus Van Sant est l’enfant prodigue la vague du New Queer Cinema qui battu son plein lors des années 80 et début 90. Dès son premier film, Mala Noche, la Los Angeles Film Critics Association lui décerne son prix du Meilleur Film Indépendant. Le succès que ce film a eu dans le circuit des festivals, lui a permis d’attirer l’attention des grands studios Hollywoodiens, mais Van Sant a déjà en tête My Own private Idaho et Drugstore Cowboy, deux projets qu’aucun studio ne veut qu’il apporte avec avec lui.

C’est avec un petit budget de 2 millions qu’il produit Drugstore Cowboy. C’est la consécration critique, et c’est l’affirmation de la thématique gusvansienne, une jeunesse laissé à elle-même, en quête de repères et de sens (thèmes déjà présents dans Mala Noche). Le film donne le coup d’envoi à la carrière d’Heather Graham. Avec un budget séminaire à celui de Drugstore Cowboy, il réalise en 1991 son premier grand film, My Own Private Idaho, véritable chef-d’œuvre et film emblématique du New Queer Cinema. Un manque d’intérêt de la part des producteurs ou le fait qu’il n’avait pas encore trouvé le parfait comédien pour interpréter Mikey Water, cela faisait une quinzaine d’année que le réalisateur trimbalait ce scénario. Le parfait comédien pour ce rôle, River Phoenix, le grand rôle de sa trop courte carrière, une interprétation magistrale qui sera récompensée d’un prix au Festival du film de Venise. Si dans Drugstore Cowboy, les thématiques gusvansiennes s’affirmaient, avec My Own Private Idaho, c’est son désir de l’esthétique, sa recherche du lyrisme visuelle qui se mette en place.

Le succès populaire de Gus Van Sant vient avec Good Will Hunting

Le cuisant échec de Even Cowgirls Get the Blues pousse Gus Van Sant vers la porte d’un cinéma plus académique, plus mainstream. Après le cinglant To die For, il réalise son film le plus populaire, Good Will Hunting, qui serait un immense succès critique et au box-office. Si les cinq premiers du réalisateur de Portland étaient passés sous le radar d’un quelconque cinéphile, personne n’a pu passer à côté de celui-là. Le film a fait au-delà 200 millions aux guichets et finira l’année auréolé de deux oscars: Meilleur Acteur dans un Rôle de Soutient (Robin Willams) et Meilleur Scénario (Matt Damon & Ben Affleck). Malgré des choix esthétiques moins radicaux, Gus Van Sant continu ici à toujours y explorer ses grandes lignes thématiques.

Suit son remake de Pysho (lire le très beau texte d’Hors Champ sur ce film) en 1998 et Finding Forrester en 2000. Ce second film surf un peu sur le succès de Will Hunting, un succès sur lequel Van Sant aurait pu surfer longtemps, mais c’est dans un spectre complètement différent qu’il poursuivra sa carrière. De nouveau avec Matt Damon (la star de Will Hunting), il tourne Gerry, premier volet de sa tétralogie du la mort et l’errance. Si la perte (et le recherche) de repères et de sens ont toujours été le leitmotiv des films de Gus Van Sant, dans sa tétralogie, ils atteignent leur zénith. Le grand publique qui venait d’adopter le cinéaste ne le suivra pas dans ses envolés et ses expérimentations esthétiques. Toutefois, la critique et les théoriciens du cinéma le hisseront au rang de demi-dieu. Le deuxième volet de la tétralogie, Elephant, sort en 2003. Il remporte la Palme d’or à Cannes et le prix de la mise en scène. Pour l’anecdote, depuis l’affaire Barton Fink, un règlement du Festival empêchait un même film de remporter plus d’un prix majeur, mais Patrice Chereau, le président du Jury a personnellement demandé une «violation du règlement» à Gilles Jacob pour remettre à Gus Van Sant les deux prestigieuses récompenses.

Milk_2008

Après Elephant, Last Days, librement inspiré des derniers jours de Kurt Cubain, sort en 2005 et Paranoid Park, sorti en 2007, viennent compléter la tétralogie. Comme ce fut le cas après Will Hunting, Van Sant ne veut pas surfer trop longtemps sur l’enthousiasme critique que créer ses nouveaux élans esthétiques, il va sur un chemin plutôt inattendu, le chemin des biopics. Depuis Mala Noche, presque de tous ses films avaient été inspiré de récit biographie ou de fait divers, mais il prenait toujours une immense liberté dans les faits. Cette fois-ci, avec Milk, il colle au récit «officiel» des faits, ce permettant ici et là quelques caprices esthétiques, mais toujours sans modifier le cours des événements. Milk est peut-être le soumet de l’art de Gus Van Sant, son sens du récit et la virtuosité de son style visuel y sont en osmose.

Restless en 2011 et Promised Land en 2014, sortent de façon assez confidentiel, Restless fut projeté à Un Certain Regard à Cannes, et Promised Land eu une mention spécial du jury à Berlin. Mais aucune des deux n’a éveillé une passion particulière, ni de la part des critiques, ni de la part du publique.

The Sea of Trees, son nouveau film, marquera sa 4e participation à la compétition officielle du Festival de Cannes. En 2007, No Country for Old Man des frères Coen était reparti bredouille du festival de Cannes,  alors que Paranoid Park de Van Sant avait remporté le prix spécial du 60e anniversaire. Maintenant que les célèbres frères sont à la tête du jury, il restera à savoir s’ils lui portent encore rancune!

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