Good Kill [Drones]

Andrew Niccol (Gattaca) signe avec Good Kills une nouvelle tentative plutôt ratée de réalisation indépendante ♥♥

À Las Vegas, un pilote de chasse devient pilote de drone. Combattant à distance les talibans le jour, il rentre ensuite dans sa banlieue retrouver sa famille. Mais l’exécutant finira par se poser des questions sur sa mission, pour se demander s’il ne contribue pas, en tâchant de les éliminer, à créer de nouveaux terroristes.

Après le raté The Host, le cinéaste Andrew Niccol avait à cœur de faire oublier un échec. Il choisit cette année un sujet plus grave mais toujours ultra-américain à mille-lieu du patriotisme traditionnel.  Niccol, également scénariste pour The Truman Show, choisit de nouveau  le spectre de l’œil qui nous regarde et si pour le film avec Jim Carrey, il réussissait la prouesse de mêler comédie au genre de la fiction dramatique; avec Good Kill, il reprend cet œil pour l’emporter dans la guerre au Pakistan…

Le film questionne le complexe de l’Amérique comme Dieu tout puissant capable de vie et de mort sur qui que ce soit dans le monde à l’instar de l’American Sniper de Clint Eastwood. Toutefois, dans Good Kill, le personnage principal interprété par  Ethan Hawke (dont c’est la troisième collaboration avec le réalisateur) laisse place à une ambiguïté importante ce qui en fait un anti-héros à l’opposé de Bradley Cooper.

Le problème principal de ce nouvel opus, c’est que le parti pris d’Andrew Niccol de ne jamais filmer les drones en action (les scènes de bombardements sont filmées à travers leurs yeux et jamais depuis le sol) ce qui finit par considérablement lasser voir même à créer un certain hermétisme pour le spectateur.

Il faut savoir que tous les plans ont été effectués depuis une grue… ce qui se voit et peut également donner une impression de manque de moyens. Surtout le film ne respire pas et semble trop centré sur les protagonistes à l’intérieur de leur bunker. Dès lors, les images au Pakistan paraissent irréelles et le spectateur se détache complètement.

Alors oui, l’œil du spectateur, façon « Big Brother is watching you », sent les références à 1984 d’Orwell (mais après tout, c’était attendu dès la bande annonce), mais le film manque sa cible

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