Chameleon

Chameleon offre une approche intéressante calquée sur le style iconoclaste de son sujet. ♥♥♥

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’Anas Aremeyaw Anas est un journaliste caméléon. Surnommé le James Bond du journalisme du Ghana (mais devrait-on dire mondial?), il utilise des techniques audacieuses et atypiques qui flirtent sur ’information, le sensationnalisme et même les techniques policières. Il a fait sa marque dans le monde de l’information à travers le temps grâce à un charisme certain et un cran à toute épreuve. Une telle personnalité méritait indubitablement qu’un cinéaste s’arrête à son parcours, spécialement puisqu’il est encore très peu connu du grand public. C’est maintenant chose faite alors que Ryan Mullins a réalisé le film au titre fort judicieux Chameleon.

Dans le film, Mullin suit à la trace Anas dans une série de reportages. Celui qui s’est fait admettre dans une institution psychiatrique pour en démasquer les conditions exécrables se révèle dans toute son exubérance, sa persévérance et son statut de Rock Star auprès de la population africaine. Mullins suit à la trace son sujet avec une caméra très mobile et une approche ultra-réaliste qui nous permet une incursion directe et intense au cœur des méthodes uniques d’Anas. On le verra se menotter avec un suspect, se déguiser en prince arabe pour tromper un contrôle et s’impliquer directement dans les enquêtes et les manœuvres policières.

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Une approche équilibrée

Le film vient nous monter les côtés un peu plus contestés du personnage, notamment via le témoignage de certains journalistes très critiques de son travail et en montrant également les travers de l’approche d’Anas. Ses méthodes parfois très élaborées pour venir à dévoiler des histoires (parfois qu’il aura lui-même contribué à construire) font que l’on se questionne à savoir si le film fabrique lui aussi certaines histoires, notamment via un traitement un peu artificiel, mais néanmoins efficace.

Le traitement est effectivement intéressant (parfois inquiétant) en ce sens qu’il tient par moment davantage du suspense que du documentaire, autant via le montage que l’utilisation de musique entrainante et assourdissante. Son approche est parfaitement calquée sur le style de journaliste pratiqué par Anas et la vision de l’intérieure est affichée de façon percutante, mais est également contestable sur certains points comme l’approche du journaliste. Le réalisateur semble avoir la confiance totale du journaliste qui l’introduit à tous ses contacts et lui donne un accès privilégié à son travail. Au final, c’est ce même accès que Mullins transmet au spectateur et en ce sens, c’est une belle réussite.

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