Conte théâtral sur la relation entre le sexe, les nouvelles technologies et la religion – ♥♥♥½
Hendrik Goltzius est un célèbre peintre néerlandais du XVIème siècle et graveur d’œuvres érotiques. Il aimerait ouvrir une imprimerie pour éditer des livres illustrés. Il sollicite alors le Margrave d’Alsace et lui promet un livre extraordinaire avec des images et des histoires de l’Ancien Testament regroupant des contes érotiques. Pour le séduire davantage, il lui offre alors de mettre en scène ces histoires érotiques pour sa cour.

Goltzius et la compagnie du Pélican est le deuxième long métrage de la série de films que Greenaway consacre aux maîtres hollandais, qui comprend son précédent film, la Ronde de nuit. Le prochain mettra l’accent sur Hieronymus Bosch, et sa sortie est prévue pour coïncider avec le 500e anniversaire de la mort de Bosch en 2016. Peter Greenaway se fait une fois de plus incroyablement visuel et sexuellement provocant (si vous êtes prudes ou aisément choqués, abstenez-vous !). Il donne le ton dès les premières images où la troupe théâtrale vient demander audience au margrave, qui défèque en public, devant ses courtisans. Le jeu est ici renversé et le réalisateur y définit le théâtre comme l’art de se vider les tripes sur scène, au premier sens du terme. Vulgarité et bon goût se côtoient comme toujours chez Greenaway de manière assez jouissive. Ce conte verbeux, intellectuel et dense mélange les genres (comédie, théâtre filmé, tragédie en costume), les références, et le travail sur l’image et la scénographie explose dans chaque plan. Mais ce qui gêne notre perception du spectacle qui nous est offert est la multiplication des plans, des discours, des références et des jeux de scène, tout cela dans un même mouvement. Greenaway est un lettré et il aime le montrer, mais à vouloir à ce niveau monter l’exigence, il se coupe de la majeure partie de son public.

