Gay gardens* (*Happy Gardens)

Docu-fiction prétendument comique : des artistes inconnus veulent faire connaître au monde leurs talents – ♥

Johnes et Mario Queer sont des artistes. Mario est un chanteur et un artiste de cabaret et Johnes un acteur professionnel mais qui n’a jamais joué nulle part. Ils créent, écrivent, chantent et se perfectionnent afin qu’un jour ils puissent être remarqués et montrer leur talent au monde extérieur. Pour cela, ils acceptent d’être interviewés dans leur belle propriété d’East Hampton, Gay Gardens, leur paradis idyllique et isolé.

Gay_gardensRéférence directe au Grey Gardens de Albert et David Maysles, et pour le titre et sur la forme du documentaire, mais on ne se pose ici pas la question une seule minute de savoir s’il s’agit d’un réel documentaire. Trop (sur)joué, trop écrit, les effets de caméra « à l’épaule » trop exagérés (absence de mise au point, tremblement, voix du caméraman), tout dans ce film manque de naturel et de simplicité et empêche le spectateur de rentrer dans l’intimité et la personnalité du couple. On ne voit que deux acteurs (voire trois si l’on compte le réalisateur, Marcelo Bernotas) qui se donnent la réplique. Le scenario est ici trop écrit, et cela n’apparaît pas adapté à la forme choisie : il y a de l’humour, beaucoup d’humour (que de l’humour ?) et les piques fusent, mais les effets comiques, faute de simplicité et de temporisation, tombent à plat, comme par exemple cet échange entre les deux amants, qui recherchent le nom d’une actrice anglaise: « Judi Dench ? » « Non … la blonde ! » « Ah … sir Ian Mc Kellen ! » (…). Les clichés s’empilent jusqu’à écoeurement (le couple est constitué d’un jeune et de son sugar daddy, ils sont maniérés et aiment se travestir, ils sont hystériques, ils ont appelé leurs bassets Dolce et Gabbana, etc.). Les acteurs (Johnny Guy Bernotas et Damien Gautier) en font des tonnes pour  donner de la vie et de l’intérêt au film, mais rien ne retient notre attention et l’ensemble manque de souffle dès le début. Au final, on dirait qu’on a vu un film de vacances fait entre amis, au chalet, un soir de beuverie … l’intérêt de ce dernier aurait été de ne pas durer 88 minutes.

Ouvoir.ca

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