The Husband

Après trois ans à réaliser un peu n’importe quoi pour la télé, Bruce McDonald revient en force au grand écran avec The Husband, l’un de ses films les plus touchants et attachants. ♥♥♥♥½

Que feriez-vous ou plutôt comment réagiriez-vous si votre femme était en prison pour attouchement sur un mineur et que tout votre entourage, ami, parent, collègue au travail et même un patrouilleur à vélo était au courant?  C’est la question que c’est posé le réalisateur canadien dans son nouveau film co-scénarisé par l’ancien musicien des Deadly Snake, devenu acteur il y a quelques années et qui signe maintenant son premier scénario d’un long métrage, Maxwell McCabe-Lokos.

Au cinéma, on a souvent vu des personnages féminin subir les répercussions d’un scandale causé par leurs maris, c’était d’ailleurs la prémisse du plus récent film de Woody Allen, le formidable Blue Jasmine. Mais l’inverse, c’est-à-dire voir un homme faire face aux conséquences des déboires de leur femme, c’est plutôt rare. Les premiers qui viennent en tête, c’est les différentes versions de Madame Bovary, mais dans le récit de Flaubert, même dans le scandale on reste centré sur le personnage de la femme. Alors la particularité, mais aussi sa force, c’est que comme son titre l’indique, The Husband, c’est sur le mari que se concentre l’histoire, éclipsant presque totalement la femme de son cheminement.

Parlant de Blue Jasmine avec Cate Blanchett, vous souvenez-vous de Notes on a Scandal de Richard Eyre, l’un des meilleurs films de 2006. Cette histoire d’une professeure qui a une relation extraconjugale avec un de ses jeunes étudiants. The Husband est presque sa «continuité», puis qu’il commence l’a où le film Eyre finissait.

Le mari, Henry Andreas, joué avec justesse par McCabe-Lokos, vit une certaine descente à l’enfer, il traverse une crise identitaire, qui entrainera sa perte d’emploi, presque tous ses amis ainsi que toute l’estime personnelle qu’il avait. Le tout est raconté avec relativement beaucoup d’humour, ce qui étonne un peu au début vu la gravité du sujet.  En «sidekick» du cocu, il y a August Diehl, jeune acteur Allemand qu’on avait vu dans Inglorious Basterd et Salt, le seul ami qui reste à Henry, c’est par lui qui l’atmosphère claustrophobique de certaine scène dramatique trouve un point de sorti.

Bruce McDonald est un réalisateur à deux carrières assez distinctes : d’un côté il y a le réalisateur de série-télé sans grande envergure (My Babysitter’s a Vampire, Degrassi…) et de l’autre un réalisateur d’une quinzaine de long métrage qui sont, pour la plupart, fort réussis (Hard Core Logo, Dance Me Outside, This Movie is Broken). The Husband figura parmi les meilleurs de sa filmographie.

Film_The Husband2

Origine: Canada, 2013 – Durée: 80 Min. –
Réalisation: Bruce McDonald
Scénario: Kelly Harms et Maxwell McCabe-Lokos
Production: Maxwell McCabe-Lokos, Cherilyn Hawrysh, Daniel Bekerman, 
Distribution: Maxwell McCabe-Lokos , Stephen McHattie, August Diehl, Sarah Allen et Dylan Authors.

 

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