Gare du nord

Mise en abîme d’un des lieux les plus fréquentés de France ♥♥♥

Paris, Gare du Nord, tout peut y arriver, même des trains. On aimerait y rester, mais il faut se dépêcher… Comme des milliers de vies qui s’y croisent, Ismaël, Mathilde, Sacha et Joan vont s’y rencontrer. Chaque jour, Ismaël est ébloui, fasciné, épuisé par ce lieu. C’est sur le quai du RER qu’il voit Mathilde pour la première fois. Peu à peu, ils tombent amoureux. Ils croisent Sacha et Joan. Sacha est à la recherche de sa fille disparue, Joan passe sa vie dans cette gare entre Lille, Londres et Paris. La gare est comme une bulle que tous traversent, Français, immigrés, émigrés, voyageurs, fantômes… C’est un carrefour où chaque vie passe vite et disparait.

Avec un pitch pareil, il était évident que cela ne serait pas un film à mettre entre toutes les mains. Car Claire Simon est une expérimentale…Elle ne cherche pas à raconter une histoire mais plutôt une vérité sur fond de sentiments globaux.

Pour les besoins de Gare du Nord, elle reprend son actrice des Bureaux de Dieu (l’une d’elles en tout cas), Nicole Garcia, pour incarner son héroïne, Mathilde, errant dans le grand lieu parisien. Autour d’elle, un ensemble de personnage se croiseront, se parleront, se chercheront…

Car la gare du Nord, c’est une communauté sociale hétéroclite…. Comme une ruche ou une fourmilière géante où chaque insecte serait différent et n’œuvrerait pas pour les mêmes raisons.

La réalisatrice aurait pu prendre la gare de Londres qu’elle en aurait encore gagné en hétérogénéité mais comme elle aime à le rappeler, « c’est tout de même la troisième gare au monde en terme de trafic » : Des communautés mais aussi des commerçants, la police… Certains vivent et travaillent ici.

Fidèle à son intérêt pour les aspects sociaux-ethno-machin choses, Claire Simon recueille les témoignages tel le personnage d’Ismaël et son enquête RATP.

La réalisatrice qui travaille avec quatre acteurs et de nombreux non-professionnels (comme à son habitude) se laisse immerger des histoires de la gare suite à une profonde étude terrain qui donna lieu, dans un premier  temps, à un documentaire, Géographie Humaine, puis à une fiction…Mais où se situe t’elle exactement ? Mystère !

Envoutant comme l’est la musique de Marc Ribot, le film mollit à son milieu pour laisser la place à une certaine mélancolie du présent et du passé…

Flirtant toujours avec le documentaire, la réalisatrice livre une œuvre terrienne tels ses personnages ancrés dans le passé ou le présent (et ce malgré les mouvements de trains). Mais où se situe l’avenir pour eux ?

Une représentation de la France d’aujourd’hui moins que jamais tournée vers l’avenir. Toujours en introspection de son quotidien causé par son passé….

 

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