Gabriel Arcand

Tout le monde s’entend pour dire que Gabriel Arcand est un acteur formidable, voir même le plus grand acteur québécois de sa génération. Pourtant, il est quelqu’un de peu prolifique, rendant chacun film ou pièce de théâtre auxquels il participe événementiels. Deux films en deux ans, Karakara de Claude Gagnon sorti l’an dernier, rôle qui lui a valu une nomination aux Jutra, ce faisant doublé à la ligne d’arrivée par son ami et ancien collaborateur, Julien Poulin pour Camion et Le Démantèlement, le nouveau film de Sébastien Pilote, qui a fait sensation à la semaine de la critique à Cannes, deux films qui, aidé par une réalisation brillante, ont donné au comédien deux de ses plus beaux rôles en carrière.

Arcand est un fils spirituel de Jerzy Grotowski, théoricien polonais du théâtre, considéré comme l’un des pères du théâtre moderne. Grotowski misait sur un investissement physique de l’acteur, un investissement «méta-corporel». Arcand, dans ses années de formation, fit quelques voyages en Europe pour parfaire sa technique. Il faut voir Le Démantèlement pour comprendre à quel point Arcand s’investit physiquement dans un rôle. C’est impressionnant, il est un cours sur le métier d’acteur à lui seul.

C’est en 1971 qu’il apparait pour la première fois au cinéma, dans La Maudite Galette, un film réalisé par son frère Denys. Les deux frères travailleront à 6 reprises ensemble : La Maudite Galette, Réjeanne Padovani, Gina, Le Déclin de l’empire Américain (Génie du meilleur acteur dans un rôle de soutien), Le Crime d’Ovile Plouffe (Génie du meilleur acteur) et la télésérie Duplessis. Gina est particulièrement intéressant, puisque Gabriel y interprète un réalisateur dans un film fortement inspiré de certaines expériences personnelles de Denys. Il devient donc, le temps d’un film, l’alter-ego de son frère à l’écran.

En 1974, il cofonde le groupe de la Veillée (avec entre autres Julien Poulin), aujourd’hui connu comme le théâtre Prospero, théâtre où il agit encore comme conseiller artistique.

Outre les films de son frère, on a vu Arcand chez les grands du cinéma d’ici : Gilles Carle (L’âge de la machine, Les Plouffes), Francis Mankiewicz (Les Portes Tournantes), Jean-Claude Labrecque (L’Affaire Cofin), Jean-Claude Lord (Parlez-moi d’amour), Léa Pool (Maman est chez le coiffeur) ou encore chez l’ontarien Norman Jewison (Agnes of God). Depuis le début des années 2000, il privilégie le travail avec les réalisateurs de la nouvelle génération : Louis Bélanger (Post Mortem, qui fera remporter à Arcand son premier Jutra), Stéphane Lapointe (La vie secrète des gens heureux), Philippe Falardeau (Congorama) et bien évidement Sébastien Pilote (Le Démantèlement).

 

 

Laurent

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