The Fake

Quelle est la limite du Bien et du Mal ? ♥♥♥♥

Un village rural doit être submergé et ses habitants compensés pour leur relocalisation. Un escroc nommé Elder-Choi trompe les pauvres villageois avec une fausse religion pour leur faire abandonner leur rémunération en guise d’offrandes à l’église. Min-Chul, un infâme alcoolique local violent et bon-à-rien, découvre la vérité, mais il ne parvient pas à convaincre tout le monde, en particulier face au pasteur Sung, vénéré par le peuple. Lorsque la propre fille de Min-Chul tombe dans la machination, il décide de se venger.

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Très lumineux, à ses débuts, The Fake sera peu à peu envahi par la noirceur, qui gagne tous les personnages, de manière consciente et acceptée ou contre leur gré. Ce très beau travail de la lumière colle parfaitement au propos, que l’on pourrait résumer d’un lapidaire : il n’y  a pas de rédemption, et nul ne sera sauf, quelles que soient ses actions ! Au travers du drame et du suspense, Yeon Sangho brouille la perception que chacun pourrait avoir du Bien et du Mal en tenant le spectateur en haleine, espérant comme les personnages, la délivrance et une éclaircie dans la noirceur et la violence, qui n’iront que crescendo. Cette critique sociale très vive de la religion, de la corruption et de l’abus de la naïveté d’une population peu éduquée résonne très fortement aujourd’hui, notamment après A touch of sin, le brulot de Jia Zhang-Ke, sur la violence, la corruption et l’égoïsme ambiant dans la Chine contemporaine.

Mais le réalisateur ne se contente pas de montrer les travers d’une société actuelle, il montre aussi par de fines touches et de courtes scènes très bien écrites des comportements humains intemporels, pouvant tout autant rappeler le bûcher des vanités de Savonarole que les dérives de Boko Haram. Enfermé dans une croyance ou aucune alternative ne semble crédible, le peuple devient son propre ennemi et s’entre-dévore, ce qui est mis en exergue dans le film avec des poussées de violences soudaines. Jouant avec le spectateur, le réalisateur dissémine des espoirs de fins heureuses, pour les trahir encore plus violemment.

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