Journalisme et Communication

Lors d’un débat houleux hier au soir, le ton est monté entre néo-journalistes lors d’une soirée de lancement d’un journal étudiant (le culte). Doit-on intégrer le journalisme comme de la communication ? Ou est-ce l’inverse ?  …  Pire, doit-on admettre que le journalisme doit aujourd’hui satisfaire aux lois de la communication ?

Selon une étudiante, « la communication imprègne aujourd’hui le journalisme » comme jamais. Propos validés quelques instants plus tard par un autre étudiant en journalisme et actuellement stagiaire chez ce qu’ils appellent un « magazine culturel)… ce que personnellement, j’ai du mal à admettre…

Pour moi le journalisme est complètement empreint d’opinion et est à dissocier complètement de la communication qui n’aura pour seul but, que de valoriser un évènement, un produit…etc.

Aussi lorsque l’un de nos collaborateurs, Laurent, me dit qu’il est très embêté car il a détesté 12 years a slave alors même que la critique est dithyrambique, je ne vois pas vraiment où se situe le problème …

Contrairement à de nombreuses structures qui peuvent se dire media, je ne considère pas notre présence sur le web  uniquement pour valoriser les films…

Le but de la critique est bien de formuler du journalisme d’opinion. On peut ensuite être en désaccord avec l’avis du chroniqueur…mais à titre de spécialiste du cinéma, il a le droit au chapitre (tout comme le public peut lui aussi émettre des avis autant négatifs que positifs)… Ainsi nous avons publié sa critique tout comme je ne me sentirai pas de censurer quelqu’un qui souhaite écrire un papier positif sur Only God Forgives alors que j’ai personnellement détesté.

Et c’est là que la communication me dérange. Certaines structures se disant « médias » voudront toujours avoir un droit de regard sur la publication. En bout de ligne, ne seront publiés que des articles de « valorisation » … Est-ce là une nouvelle forme de journalisme ? Et ne doit-on pas pointer du doigt ce type de fonctionnement ?

Si demain les plus grand médias appartiennent à des compagnies leader…alors une censure évidente va se créer progressivement (n’est-ce pas en quelque-sorte le cas ?). Et à force de ne formuler que des « valorisations », n’est-ce pas là une des raisons de lynchage du cinéma par le public ?

C’est une raison qu’on peut légitimement se poser… Dans les grands médias traditionnels, tous les films sont notés entre deux et trois étoiles… Aussi, il devient quasi impossible au public de faire un choix rationnel.  Je ne suis certes pas pour le lynchage des œuvres (ne soyons pas méchants) et il m’est aussi arrivé de ne rien écrire sur des œuvres que je n’ai particulièrement pas aimé (Rebelle par exemple)… Mais je crois qu’il faudrait avoir le courage d’expression tout comme celui de publication.

Par franchise, par transparence…Pour nous, pour vous…pour eux.

 

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