Chez nous c’est trois

Une bien jolie fable portée par une actrice rayonnante ♥♥♥

Jeanne Millet, réalisatrice dans une mauvaise passe, part en province pour y présenter l’un de ses premiers films. Son itinéraire va lui faire franchir plusieurs frontières entre amour et amitié, espoir et déception, cinéma et quotidien routinier. Autant de territoires où seuls bises et baisers servent de passeport.

Véritable ode à la création cinématographique, Chez nous c’est trois traduit habillement les angoisses et doutes des réalisateurs dans leur quotidien. Dès les premières minutes, l’attachement que le réalisateur, Claude Duty (Bienvenue au gîte), porte à son actrice principale, Noémie Lvovsky permet au spectateur l’empathie nécessaire afin d’adhérer pleinement à cette comédie sentimentalo-légère. La comédienne (par ailleurs elle-aussi réalisatrice) irradie de toute sa simplicité sans jamais en faire trop pour éclipser ses partenaires :

Excellente Marie Kremer mais également Julien Baugmartner (qu’on est heureux de revoir à l’écran quelques années après Le plaisir de chanter), Olivia Bonamy (fidèle de Duty depuis Filles perdues) ou encore Julien Doré…

Dix ans après son précédent long métrage, le réalisateur réussit, avec un financement dérisoire, à créer une cohésion de groupe et traiter une thématique qui lui est importante.

Quand on lui pose une question sur son film, le personnage principal  (Jeanne la réalisatrice) répond toujours par un simple « je ne sais pas ». Claude Duty considère qu’un cinéaste a le droit de ne pas analyser son film. Il explique : « Je fais des films qui répondent à une envie et non à des intentions claires. Analyser le « pourquoi » mène à l’introspection, ce dont on n’a pas forcément envie. Lors de la sortie de Filles perdues, cheveux gras, j’avais été choqué  par la réaction de certains adolescents qui me demandaient si j’avais voulu dénoncer quelque chose, quel était mon message… Je n’en ai jamais eu : je montre mais je ne démontre pas. L’inverse serait plus rassurant pour les spectateurs ; ils attendent souvent qu’un film serve à quelque chose. »

C’est avec ce simple constat et des thématiques plutôt bien pensées (angoisses de la future production, rapport aux protagonistes du milieu mais également malaise du retour sur les terres de sa jeunesse) que Chez nous c’est trois réussit à donner le sourire dans une production restreinte où seule la musique parait plutôt mal adaptée.

Le tout est une comédie sympathique, extrêmement légère et qui fonctionne autant sur ses interprètes que sur son histoire… délicate.

Ouvoir.ca

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