Big Eyes [Les grands yeux]

Tim Burton divise notre rédaction avec son Big eyes ♥♥♥½ / ♥½

Margaret peignait pour le plaisir. Ses toiles étaient caractérisées par leurs sujets enfantins aux grands yeux. Un jour, elle rencontra Walter Keane, un homme dont elle tomba amoureuse et qu?elle épousa rapidement. Walter voulait plus que tout être reconnu en tant qu’artiste.

Alors qu’il présentait ses peintures et celles de sa femme dans un bar de la région, il y eut un malentendu avec une cliente et Walter prit le crédit pour le travail de son épouse. Bien qu’elle désapprouvait le geste de son mari, elle finit par accepter d’être la seconde roue du carrosse, et ce, jusqu’à ce que l’avidité de Walter devienne insoutenable et qu’elle doive le quitter pour protéger son enfant.

POUR / Retour en cette fin d’année pour le désormais réalisateur culte américain Tim Burton. Tout comme en 1996, en 2001 ou en 2010 où Mars Attack, la planète des singes ou encore son Alice in Wonderland avaient vu un ensemble de ses adeptes dire qu’il ne s’agissait pas d’un Burton, il y a de fortes chances pour que le public allant voir Big Eyes ressentent de nouveau un certain manque…. En effet, point de conte horrifique, de féérique glauque ou de morts-vivants …  Bref ! Pas de recyclage de ses précédentes œuvres pour le coup ! ♥♥♥½

Au début de ce nouveau projet donc, celui de raconter l’histoire de cette peintre célèbre pour ses enfants à « gros yeux », Margaret Keane qui Big Eyes2croqua Natalie Wood ou Jerry Lewis, ce sont Scott Alexander et Larry Karaszewski, scénaristes de Big Eyes, qui devaient réaliser le film…Puis la production en décida autrement et, après bien des mois de négociation, décidé de proposer le projet à Tim Burton qui était depuis toujours un grand adepte de l’artiste. Ce dernier choisit alors d’être très fidèle au style de l’artiste puisqu’on y retrouve un tout nouvel univers que le réalisateur américain n’avait jusqu’alors jamais vraiment traité. Pour la première fois tournant en numérique, Burton réussit tout d’abord à imposer une photo magnifique mais également à rendre crédible le gros travail de post-production.

Comme pour Big Fish, Burton décide de faire des infidélités à son chouchou Johnny Depp pour aller chercher cette fois-ci une héroïne naïve et fragile interprétée avec beaucoup de candeur par Amy Adams (et oui le héros est une femme). L’actrice, décidément dans tous les bons coups depuis quelques années (American Hustle, Her, The Master), donne toute sa fragilité à un personnage extrêmement triste voire complexe (à l’image de ses productions). Face à elle, Christoph Walz est systématiquement en surjeu (malgré sa nomination aux Golden Globes, c’est peut-être le problème majeur du film)… Fort heureusement, celui qui, d’ordinaire, est plutôt excellent dans ses rôles, ne gâche pas pour autant le film qui ressemble plus à une fantaisie qu’à un biopic.

C’est une jolie réussite qui se dévore véritablement tel un conte de Noël pour adulte parfois proche de Big Fish (l’émotion en moins) et parfois d’Ed Wood (qui disposait d’ailleurs des mêmes scénaristes du film)… mais toujours très loin de ses classiques du genre (Edward Scissorhands ou Sleepy Hollow).

Syril Tiar

CONTRE / Tim Burton a les yeux plus gros que le ventre – ♥½

Ni comédie, ni drame, ni biopic ni tableau d’une époque … le film de Tim Burton souffre d’un évident manque de cadre et de direction artistique. On ne retrouve rien des marques de fabriques ou du cinéma d’un des réalisateurs les plus identifiables d’Hollywood. On ne saura que peu de choses de l’origine de ces grands yeux, caractéristiques de Margaret Keane ni de l’importance qu’elle a pu avoir sur l’Art de l’époque (le clin d’œil au pop-art via les soupes Campbell dans une scène d’épicerie est toutefois bien vu), pour se perdre dans la logorrhée de Walter Keane, incarné par un Christoph Waltz grimaçant et caricatural. Amy Adams semble un peu perdue, ne sachant quel ton donner à son personnage, timide et forte, inspirée et dépassée, solitaire et joviale, on n’arrive pas à comprendre ni à s’attacher à son personnage. Sensé être une dénonciation de l’art-business porté à son extrême, tout n’est qu’excès jusqu’à l’écœurement, comme lors de la scène de procès final. Depuis quelques films, on sent le réalisateur autrefois chouchou du public et des critiques en panne d’inspiration… il serait temps de se remettre sérieusement à l’ouvrage.

Benoît Rey

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