L’empire Bo$$é

Claude Desrosiers livre un film tourné sous forme de vrai-faux documentaire vraiment faussement réussi !
 
Issu d’un milieu modeste de Montréal, Bossé (Guy A. Lepage) démontre très tôt un goût pour l’argent et un talent entrepreneurial qui lui    permettent de se hisser parmi les plus grands du monde financier.

Floué par la clique du Mont-Royal, il fait toutefois faillite. Après plusieurs mois de dépression, il recrée son empire, soutenu par son ami    d’enfance Coco Lacasse (Claude Legault), un peu simple d’esprit mais fidèle compagnon. Cette réussite financière fait de lui l’homme le plus riche du Québec.
Commençons par ce qui fait plaisir dans ce film…c’est son aspect absurde ! A ce niveau, les acteurs font leur maximum dans la caricature…Aussi, même si le talent de Guy A.Lepage n’est pas suffisant pour camper un premier rôle et attirer les foules, il dispose derrière lui d’un ensemble d’acteurs plutôt drôles dans leurs personnages : Il est donc agréable de voir Claude Legault en nigot (Coco nous fera indéniablement pensé à un labrador) ou Valérie Blais en nunuche (qui réussit à amener des faux-airs de la poule de Chicken Run)…En outre une partie de l’équipe de « Sophie Paquin »  ayant été intégrée au casting… cela faisait plaisir à voir (bien que Benoît McGinnis peine à trouver sa place réellement)
Une pléiade d’acteurs déguisés et stéréotypés au maximum ; on se dit qu’ils ont du bien se marrer au tournage !
Malheureusement l’essentiel n’est pas là !
Le potentiel était important !  Voir un personnage factice (mais fortement inspiré) évoluer le long des 50 dernières années au Québec (de la Révolution tranquille à aujourd’hui) : Quelle riche idée
Finalement la sauce ne prend pas !
D’abord la construction du film est lourde; à mesure d’interview régulières et sans réel scénario, l’histoire (qui se borne à avancer avec les    années) est finalement la meilleure faiblesse de l’œuvre.
Ensuite il est très visible que les scénaristes (Yves Lapierre, Luc Déry & André Ducharme) ont effectué de nombreuses recherches pour    éviter les anachronismes et l’énergie déployée pour faire rire ou sourire tombe finalement assez souvent à plat.
Les éléments d’humour sont en outre téléphonés et le scénario passe souvent du coq à l’âne…
Enfin on pourra reprocher un côté vraiment surfait qui amène parfois jusque la nausée
Par exemple, les différentes périodes de la vie de Bossé sont immortalisées par un jeu de couleur différent : Vert puis orange et    finalement bleu….On ne fait pas dans la subtilité ce qui a le dont d’alourdir grossièrement le récit.
Ou encore l’engueulade entre le personnage principal et sa fille aurait pu apporter un intérêt réel, mais il y a tant de barouf derrière entre    les comédies qui jouent leur soirée costumée que le spectateur fini par être complètement perdu.
En résumé il ne suffit pas de se documenter afin de livrer une œuvre réussie; le film aurait vraiment gagné en simplicité et avec une    mise-en-scène moins « télésérie ».

Ouvoir.ca

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