2015 L’année de Maxime Giroux [Edito]

Il a marqué 2015 dès ces prémisses avec la sortie sur les écrans de Felix & Meïra, film d’auteur qui s’est pourtant frayé une belle place dans les salles québécoises. Son année a donc forcément été marquée par la distribution internationale du long métrage et l’on sait, depuis quelques semaines, qu’il représentera les chances canadiennes dans la course aux oscars… même si la route semble encore longue ! A travers cet édito ouvrant nos bilans annuels, Maxime Giroux a bien voulu revenir avec nous sur le succès de son film, ses chances réelles ou pas aux Oscars ainsi que ce qui l’aura marqué culturellement dans l’année…

Felix & Meïra vendu dans le monde entier

« Mon film est sorti dans une vingtaine de pays : en Hollande, en Suisse, en Australie, bientôt en Angleterre… » débute Maxime Giroux lorsqu’on lui demande comment s’est passé son année 2015. « Aux États-Unis, il a fait presque 500 000 $ de box-office (plus que Nymphomaniac ou le dernier Cronenberg). A titre de comparaison, Mommy n’a pas trouvé son public là-bas puisqu’il n’a pas fait 200 000$. Je pense que la thématique du film l’a bien vendu »

C’est vrai que les critiques furent assez élogieuses aux États-Unis où le film est sorti dans environ quatre-vingt villes alors même que le réalisateur québécois ne s’est pas déplacé pour faire de la promotion.

« Bon, j’ai aussi été invité dans des endroits où l’on ne va pas forcement…par exemple en Pologne un weekend… » ajoute-t-il en riant.

En effet, le film a beaucoup voyagé et selon son auteur, fut distribué au bon moment même s’il est sorti trop tôt des salles au Québec. « On n’a pas eu beaucoup de presse, même si on avait déjà gagné une quinzaine de prix : il n’y a pas de star dans mon film…Il n’y a pas de Roy Dupuis ni de Pascale Bussières … »

En bout de ligne, la surprise de voir son second long métrage fonctionner en termes de recettes et une part de chances également puisque selon Maxime, il y en a forcément beaucoup : « A Toronto, le jury aurait pu donner le prix à Xavier Dolan ou Stephan Lafleur et finalement c’est à nous qu’il donne le prix du meilleur film canadien. Ça, c’est la part de chance qui nous a bien aidé. »

Maxime Giroux2

Felix & Meïra et les oscars !

S’il reste modeste quant aux explications sur la réussite commerciale de Felix & Meïra, il analyse toutefois sa sélection comme représentant canadien aux oscars par la thématique du film (In her place et Violent étaient selon lui bien placés pour lui prendre la place) mais également un ensemble de facteurs : « Cette année, Falardeau a décidé de faire une comédie sociale très drôle, je l’ai adoré, mais ce n’est pas un film à oscars. La passion d’Augustine de Léa Pool était très, peut-être trop, québécois… »

« On était peut-être pas le meilleur film canadien cette année…par contre je pense que Felix & Meïra était le meilleur choix ! »

Résultat, le film s’en va en sélection !

Felix & Meira

« Ma tante pense que je m’en vais aux Jeux Olympics et que je vais représenter le Canada ! Les gens sont fiers de moi….bon, ils n’ont pas vu mon film mais quand même ! »

Maxime Giroux annonce ensuite le fonctionnement des sélections puisque de mi-décembre à janvier, il y aura l’annonce de la short-list (les dix finalistes) « Cela fonctionne comme la coupe du monde de soccer. C’est-à-dire qu’il y a plusieurs groupes; dans le miens il y a 21 films et seuls 2 films seront sélectionnés pour chaque groupe. Après tout dépend du groupe dans lequel tu tombes; J’ai regardé le nom de tous les films qui étaient dans mon groupe, il y a de très bons films mais je ne pense pas qu’ils aient des chances de passer dans la sélection de la short-list »

Disons que pour passer cette première étape, Felix & Meïra semble avoir ses chances même s’il avoue n’avoir aucune attente.

« Mommy n’a pas été sélectionné l’an dernier…cela n’est sans doute pas parce que ce n’était pas un bon film…c’est juste que cela n’a pas intéressé les gens là-bas; On peut passer la short-list, mais après ça se réduit de 10 à 5 et là, on n’a plus aucune chance : Felix et Meïra ne mérite pas d’être dans les 5 premiers ! »

Autres faits saillants

Suite au prix reçu à Toronto, il semble y avoir beaucoup de choses qui ont bougé dans la vie du jeune réalisateur… « parce qu’à l’étranger, pour bien des gens, Toronto c’est plus gros que Cannes. J’ai reçu des propositions de producteurs américains. Les agences te contactent et te disent « viens chez nous, on a Johnny Depp ». J’ai travaillé sur un projet pendant huit mois…je l’ai abandonné… C’est dommage il y avait une actrice confirmée avant même que j’arrive sur le projet. C’était comme un genre de biopic, je suis allé travailler à Los Angeles avec une belle équipe. En fait je n’étais pas satisfait du scénario, d’ailleurs l’actrice non plus; Il y avait deux scénaristes, je pouvais donner mon mot à dire sur le scénario mais je suis francophone et je ne peux pas réécrire un scénario au complet en anglais. »

Quelques mois de perdus donc, mais Maxime Giroux ne s’avoue pas vaincu puisqu’il finalise actuellement un nouveau scénario qu’il a co-écrit de nouveau avec Alexandre Laferrière et qu’il espère déposer au mois de janvier pour un éventuel tournage à la fin de l’année 2016 : « Je suis actuellement à la recherche d’une comédienne actrice/chanteuse; ce n’est pas évident à trouver ! Une actrice comme Maggie Cheung dans Clean de Olivier Assayas… »

Les productions québécoises de l’année ?

S’il avoue ne pas avoir été attiré par le succès du Mirage et que Turbo Kid n’est pas son genre de film, il admet avoir beaucoup aimé de nombreuses réalisations québécoises en 2015 : « Chorus était excellent tout comme Corbo qui, dans son esthétisme, aurait pu être aux oscars, mais peut-être que le sujet était moins proche des gens aux États-Unis. Les démons aussi est un excellent film avec son auteur qui est vraiment intéressant….Le Bruit des arbres également…et je ne pensais pas aimer Guibord…et finalement j’ai vraiment ri ! »

Il a moins été charmé par Anna et n’a pas souhaité visionner Ville-Marie par crainte d’être déçu et admet regarder positivement les québécois qui réalisent aux États-Unis : «  J’admire la façon dont ils travaillent là-bas, ils sont hyper respectés, je l’ai vu à Los Angeles. Ils sont arrivés là honorablement sans prendre la place de personne et les films sont bons compte tenu des circonstances….. C’est bien, cela laisse la place à des jeunes québécois de faire des films ici » finit-il en riant.

Le classement suivant a été établi fin novembre et donc sans que Maxime ait pu voir Les êtres chers encore

Ses 3 Films québécois 2015

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Sa révélation de 2015

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Ses 3 Films internationaux en 2015 :

films_étrangers_2015_maxime_giroux

La musique dans ses oreilles

LOW

OUGHT

C H R I S T

Également des chanteuses plus anciennes en lien avec son futur projet ( Pattie Smith, Cat Power, PJ Harvey)

Entrevue réalisée le 8 novembre 2015

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