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Grâce à Dieu : la vie gâchée des anges

Loin d’être anticlérical, François Ozon réalise un grand film politique qui dépasse le cadre de l’Église pour dépoussiérer une institution vieillissante inapte à se remettre en question. Sans jamais juger les proches qui n’ont pas toujours vu ou cru en la détresse des victimes, il propose un vrai sujet de réflexion sur l’acceptation de la souffrance et sur la fragilité de la foi qu’il interroge avec une humble responsabilité.

Plaire, aimer et courir vite : les dernières nuits fauves d’un garçon formidable.

Honoré prend le temps d’installer sa romance et cherche à ralentir son histoire, teintée d’un spleen constant pour mieux saisir l’urgence de la maladie qu’il oppose ainsi aux vétilles du quotidien où se cache la peur de ne pas se revoir. Une peur qui fait monter le désir d’un cran et incite les protagonistes à saisir l’instant présent, sans se soucier des lendemains incertains. Rien ne sert de courir, il faut s’aimer à point.

The Danish girl: to be or not to be?

Certainement plus cinématographique, la transformation physique est toujours un des angles retenus au détriment de l’introspection. The Danish girl ne déroge pas à la règle abordant les troubles de l’identité de manière convenue et fragmentaire. Toutefois, on sera gré à Tom Hooper de livrer un film sensitif qui fait fi d’une narration abusive, privilégiant l’image aux mots sans farder la vérité. Le metteur en scène retranscrit bien les émois d’Einar et les tourments par lesquels il passe grâce à une réalisation éthérée imprégnée de poésie et mâtinée d’une photographie douce et vive à la fois.